L’Espagne comme ailleurs en Europe

Par Lundi 21 décembre 2015 Permalink 13

Curieux résultats électoraux hier en Espagne! Le premier, le parti populaire (droite), a perdu. Le deuxième, le parti socialiste, n’a jamais fait un score aussi mauvais. Le quatrième, Ciudadanos (centre droit), fait beaucoup moins bien que les sondages lui prédisait. Il reste alors le troisième, Podemos (très à gauche), qui semble être le vainqueur, mais avec une victoire qui ne lui assure pas du tout le pouvoir!

Tous, malgré cela, se félicitent évidemment! Le parti de Mariano Rajoy s’est réjoui toute la campagne de la croissance revenue qui fait une belle jambe aux espagnols qui vivent avec de plus en plus de précarité; l’emploi est dérégulé et précarisé, le pouvoir d’achat s’effondre. Quand la recherche de compétitivité, la grande déesse de l’Union Européenne, n’apporte aucun bien être, les citoyens se demandent si on ne leur raconte pas des salades!  Alors les espagnols ne savent plus à quel saint se vouer et la vie politique est passée du bipartisme au tri voir quadripartisme. La multiplicité des choix sclérose les institutions et favorise le statu quo à court terme. Embrouille, embrouille…

Du coup personne ne sait qui va gouverner exactement tout en étant certain que l’un des deux groupes parlementaires mouillés jusqu’au cou dans les sordides histoires de corruption sera forcément le chef de fil de la prochaine coalition. Un régime des partis, comme les français ont connu sous la quatrième république, va logiquement faire son apparition avec une instabilité politique en corollaire. Par ailleurs, le problème catalan reste en attente de solution. Ces élections ne règlent rien mais prouvent à quel point les européens en général sont mal à l’aise dans ce que proposent Bruxelles et les élites mondialisées. L’Espagne, la Grèce, le Portugal sont sur la route du chaos politique. L’Italie et la France suivent de très prêt.

Il semble se dessiner toutefois une constante. Lorsque l’immigration est trop faible pour représenter un problème identitaire et économique, les partis de gauche ayant l’air d’être des chamboule-tout, rassemblent de plus en plus largement la population. Ailleurs les mouvements anti immigrationnistes percent dans toute l’Europe. L’important pour l’électeur où qu’il se trouve est dorénavant de dire non.

Frédéric Le Quer