Les syndicats à l’ouest!

Par Vendredi 5 juin 2015 Permalink 22

« Tous ensemble, tous ensemble, ouais, ouais! » ce vieux cri unitaire syndical tente d’être remis au goût du jour. Mais plus question de revendications pour des avantages salariaux, des luttes de classes ou pour une prochaine dictature du prolétariat. Il s’agit de lutter contre le Front National!

Les syndicats français ont remplacé le combat pour les ouvriers par celui en faveur des immigrés. De plus en plus déconsidérés, incapables d’être les vecteurs d’une mobilisation populaire, complètement étouffés par le libéralisme mondialisé, ils se sont trouvés une raison d’être: la lutte contre l’extrême droite en y amalgamant le FN. D’après un sondage, 13% des vieux cocos de la CGT voteraient Marine Le Pen. Ce n’est rien à coté de FO, ancienne branche dissidente, qui y attire plus d’un tiers de ses affiliés. Alors, au lieu d’éviter d’être roulés dans la farine par les lois gouvernementales qui les considèrent comme partie négligeable, les syndicats préfèrent  s’attaquer à des questions sociétales comme une association de quartier grassement financée par l’état à Marseille, dans le 9 3, ou à Roubaix.

Les idées manquent, les intellectuels dont les pensées émiettaient jusqu’à la base, un peu comme le QE de Draghi (!), autres temps, autres moeurs, ont disparu. Le bouillonnement  engagé, revendicateur s’est éteint, a capitulé face au secteur financier parce que certains mauvais combats catégoriels du passé ont fini par discréditer l’ensemble d’un milieu dont les aspirations, en tout cas celles des chefs ont tout à voir avec le monde privilégié de l’argent roi et rien avec celui de la vie dure, du chômage ou du burn out. Les détournements de fonds apparus au grand jour sont bien sur des catalyseurs destructeurs. Mais avant ça,  le choix de toujours soutenir des cheminots ou des gaziers ou des électriciens  envers et contre tous, au mépris du reste de la population a fait que la société dans son ensemble a rejeté ces syndicats ignorants de l’intérêt général.

Alors ils se sont trouvés un nouveau cheval de bataille pour justifier leur existence, la lutte contre le racisme. C’est consensuel, difficilement critiquable bien que, peut-être, plus très mobilisateur après avoir tant servi! On tente le coup… Quoiqu’il en soit, ils resteront intransigeants contre le populisme. Les dirigeants syndicaux sont si éloignés de leur base que ce qui dérive du mot peuple à décidément tout pour les inquiéter!

Frédéric Le Quer