Les révélations de la séquence grecque

Par Mercredi 1 juillet 2015 Permalink 18

La séquence grecque actuelle nous parvient au travers de médias jamais en panne pour nous informer sur des détails techniques plus ou moins insignifiants et vite oubliés. Nous croulons sous les chiffres et sous les micros-trottoir. L’un comme l’autre se focalisent sur l’anodin, le mal compris, voire le fait divers afin de ne surtout pas faire réfléchir sur l’essentiel.

Et l’essentiel est le sens de l’histoire emprunté par l’Europe. La peur instillée dès sa remise en cause est révélatrice des intérêts en jeu, privés mais néanmoins faramineux, absolument pas préoccupés par le bien public. La question posée par la crise grecque est celle de la validité du système économique. L’endettement des pays est l’esclavagisme moderne des citoyens. Quand le gouvernement grec secoue ses chaines, il remet en cause la domination par l’argent et cette peur instinctive du pauvre vis à vis du riche. Il laisse entendre que la domination n’est possible que parce qu’elle est acceptée mais que la rébellion est légitime quand elle devient affaire de liberté. Les états comme la France s’enfoncent dans toujours plus de dette pour se prévaloir vis à vis du peuple d’une certaine croissance. Les dirigeants justifient la légitimité de leur présence aux affaires par des chiffres tronqués du PIB mais qu’ils agitent éhontément devant des citoyens de moins en moins dupes de cette reprise mensongère; aucun petit entrepreneur ne voit ses commandes grossir, aucun salarié du privé n’est davantage sûr de son emploi, aucun chômeur n’a plus de chance de retrouver du travail.

Nier l’évidence est l’exercice politique de tous les dirigeants européens actuels. Les contre-vérités sont assénées avec une mauvaise foi qui n’a d’égal que la fréquence à laquelle elles sont émises. La méthode Coué est pratiquée avec enthousiasme par tous les médias pour que  « toute idée qui se grave dans notre esprit tende à devenir une réalité dans l’ordre du possible ». Mais les français tout particulièrement savent bien qu' »au fond d’eux ce n’est pas vrai! ». Et les grecs, en avance sur le constat du fait de l’impéritie et la malhonnêteté de leurs dirigeants successifs, bousculent maintenant l’Union Européenne. Ils font trembler l’édifice sur ses bases car il est fragile, excessivement fragile pour quelques temps encore. Rien ne dit qu’il est trop tard pour prendre un autre chemin, celui de l’indépendance, de la liberté individuel pas celle des capitaux, du bien-être que les évolutions techniques plus que jamais pourraient procurer.

La séquence grecque dépasse largement une problématique circonscrite à des chiffres. Son issue engendrera l’espoir ou la résignation pour tous les européens. Les pressions sont probablement phénoménales vis à vis du gouvernement de Tsipras et le rapport des forces en présence est inégal. Mais un jour la forfanterie de Goliath fut bien écrasée par David…

Frédéric Le Quer