Les retraites grecques

Par Mercredi 17 juin 2015 Permalink 19

Dans le déliquescent état grec, le poids des retraites semble pour ses « partenaires » un sujet crucial. Cependant aucun chiffre incontestable sur son évolution n’est disponible depuis au moins 2012. Mais le pays vieillit et indiscutablement la charge s’alourdit d’année en année.

Les créanciers parlent d’un coût d’un cinquième du produit intérieur brut en Grèce à comparer à 14% en France par exemple. De toute façon la charge est trop importante pour un pays dépourvu de croissance et elle ne risque que de s’alourdir avec la promesse d’Alexis Tsypras de revaloriser les petites pensions en fin d’année. En plus les retraites supérieures ou égales à mille euros seront augmentées après avoir été baissées par Antonio Samaras, il y a trois ans, à la demande expresse de la troïka: la mesure a été jugée inconstitutionnelle par le Conseil d’Etat.

Donc d’une certaine façon pour ce pays en faillite les créanciers n’ont pas tort. Pour le Premier Ministre italien, Matteo Renzi,  il est «impensable» que ses compatriotes aident les Grecs à maintenir un système de retraite qui est plus généreux que le leur. Ce même ressentiment existe évidemment en Allemagne. D’après le FMI la pension moyenne grecque est à peine inférieure à celle des allemands alors que les hellènes partent bien plus tôt. A titre d’exemple, les estoniens et les lettons perçoivent moitié moins que les grecs. Seuls les français demeurent muets compte tenu du silence médiatique qui règne sur la question.

Mais aux grecs le seul avantage sociale qu’il leur reste est la pension de retraite qui finance plusieurs générations d’une même famille dont les membres sont le plus souvent au chomage. Couper dans ce revenu revient à paupériser encore plus la population. La raison serait donc la sortie de la Grèce de l’€ dans l’espoir qu’une monnaie plus faible aide le pays à enfin sortir de la crise. Un accord se discute concernant cette option qui organiserait un contrôle des capitaux ce weekend comme il a eu lieu à Chypre. Les banques resteraient fermées quelques jours. Au préalable une assemblée extraordinaire des chefs d’état et de gouvernement se tiendrait dimanche à Bruxelles.

Les jours à venir s’annoncent capitaux.

Frédéric Le Quer