Les Républicains sont perdus

Par Vendredi 9 octobre 2015 Permalink 18

Les Républicains sont un curieux parti. Dans l’opposition, ils devraient se montrer violemment critique vis à vis du pouvoir en place afin de se révéler comme une planche de salut pour les citoyens en désaccord avec la politique suivie. Mais leurs flèches ne vont que pour l’autre parti de l’opposition, le Front National, en vendant la peau de l’ours avant de l’avoir tuée. Dors et déjà, le candidat du PS, probablement François Hollande, est mort pour eux aux prochaines présidentielles. C’est aller vite en besogne!

Les faits d’abord: 1) Affaire Morano: plus bien pensant que SOS Racisme, ils la vouent aux gémonies pour avoir sorti une espèce de vérité d’évidence jusqu’aux années 70. Leurs nouveaux airs de jeune fille effarouchée ridicules, on se souvient de la sortie passée d’Hortefeux sur les arabes, en font les supplétifs des socialistes qui se frottent les mains. 2) Avec Air France, au lieu de fustiger la politique économique gouvernementale et éviter ainsi de rentrer dans ce cas bien particulier bille en tête, ils prennent position pour le patronat sans la moindre originalité dans le discours en reprenant un mot de De Gaulle et dénotent une totale absence d’empathie vis à vis des salariés. 3) Ils soutiennent directement le président de la république attaqué par Marine Le Pen et applaudissent comme un seul homme sa piètre réponse au lieu de combattre l’ensemble de cette séquence promotionnelle complètement ratée.

Quelle médiocre opposition! Que ne prennent-ils des leçons avec les méthodes d’un des maîtres en la matière, François Mitterrand! Après son échec aux législatives de 78 et malgré les revirements de ses alliés communistes ou rad soc, il combat tout sans distinction, absolument tout ce que fait Valérie Giscard d’Estaing, jusqu’à le traiter de « petit télégraphiste » pour sa politique étrangère!  Et c’est en tapant sans relâche avec acharnement, et ce, quelque soit la pertinence ou le bien fondé de ses critiques, du moment que la forme est soignée, qu’il devient président pour 14 ans. Et peu importe qu’il fasse au bout de 2 ans grosso modo la même politique que son prédécesseur…

Les pitoyables prises de position des Républicains cachent la convergence de point de vue qu’ils ont avec les socialistes au gouvernement. Ils pensent être toujours l’alternance naturelle alors que les français comprennent qu’au mieux ils représentent une vague inflexion de la politique suivie actuellement. Les Républicains bien mollassons attendent que le pouvoir  leur tombe tout cuit dans le bec et se contentent de développer un ersatz d’opposition. C’est cette démocratie là qu’aime l’Union Européenne. C’est exactement celle que doivent combattre les vrais démocrates.

Frédéric Le Quer