Les prêts immo de la Société Générale aux russes

Par Jeudi 28 janvier 2016 Permalink 1

La banque Dexia s’était faite une spécialité d’offrir aux collectivités des prêts, au départ ultra compétitifs indexés, entre autres, aux cours des monnaies étrangères, mais, dont le coût a grimpé en flèche suite aux perturbations sur le marché des changes. Maintenant en France ce genre de contrat est plutôt mal vu. Sur longue période le créancier a toutes les chances d’en sortir gagnant alors que beaucoup de collectivités locales sont ruinées pour des décennies. Les derniers touchés par ce genre de produits en France, des particuliers frontaliers emprunteurs en franc suisse pour l’achat d’un bien immobilier furent sévèrement appauvris quand la monnaie helvétique pris, l’année dernière, plus de 20% en quelques instants par rapport à l’euro.

L’idée est donc de bénéficier d’un taux bien plus avantageux que si il était libellé dans la monnaie locale en le faisant en une monnaie étrangère. Mais si cette dernière s’apprécie, c’est la catastrophe car l’argent dû augmente d’autant. Qu’à cela ne tienne! Si en France c’est mal vu dorénavant, essayons ces prêts ailleurs, se dirent les avides banquiers (pléonasme!). Sitôt dit, sitôt fait, la Société Générale via sa filiale slave Delta Crédit propose ces emprunts risqués aux russes voulant accéder à la propriété. Alors pour des taux défiant toute concurrence sans comprendre mieux ce qu’ils font que nos maires et nos conseillers généraux, ils signent heureux l’achat d’un petit appartement de 30 ou 40 m² dans lequel ils vivront à 4 ou 5 personnes avec un taux intéressant… au départ!

Le conte de fée est terminé, le rêve américain aussi! Les emprunts étaient libellés en $ et le rouble a perdu plus de la moitié de sa valeur. 10 000 clients sont touchés. Un cinquième ne peut plus rembourser. Les appartements seront bientôt saisis. Greed is beautiful comme dirait l’autre! Et c’est sur les classes moyennes que c’est le plus bancable: elles sont importantes! 20 millions de pauvres (14% de la population ce qui est équivalent aux chiffres européens), quelques milliers de riches, tous les autres sont bons à tondre!

Evidemment, la Société Générale n’est pas la seule responsable dans cette affaire. Avec la chute du pétrole en $, pour ce pays producteur de matière première, voir baisser sa propre monnaie est une façon de limiter la casse. On a plus de rouble une fois converti les $ perçus suite à la vente. Quant aux consommateurs, ce sont eux qui en font les frais!

Frédéric Le Quer