Les présidentielles sur le plan économique

Par Mercredi 1 mars 2017 Permalink 2

Alors que la pagaille est à son comble chez des républicains en plein désarroi, la campagne électorale se jouant sans eux, il apparaît maintenant trois positions très tranchées sur le plan économique, celle de Hamon, celle de Marine Le Pen, celle de Macron.

Tout de suite celle de Macron puisqu’elle est dans la continuité des choix gouvernementaux depuis 5 ans. On tente de diminuer la dette au sein de l’€ en comptant avant tout sur la politique de Mario Draghi. On ferme les yeux. On se laisse porter par le contexte international sans jamais rien brusquer. On libéralise ce qu’on peut pour plaire à Bruxelles. On croit contre toute évidence aux cycles économiques, au marché, au capital et à l’€. Ceux qui s’en sortent actuellement peuvent être séduits par cette option à courte vue mais qui tant qu’elle tient leur permet d’engranger. Les autres vont continuer à s’enfoncer jusqu’au moment où tout pétera inéluctablement.

A l’opposé il y a le programme de Hamon. C’est le PS canal historique, celui du congrès d’Epinay, du programme commun, des grands soirs sans lendemain. Cette gauche croit soumettre le reste du monde à ses idées. Elle a cette fois la caution intellectuelle de Thomas Piketty, celui qui arrive à vendre des bouquins d’économie aux anglo-saxons. Hamon et son mentor ont décidé un moratoire sur la dette avant d’en partager 40% avec les pays riches de la zone €. Je ne blague même pas c’est leur trouvaille! Enfin trouvaille, pas vraiment c’est du réchauffé qui date des années 20 à l’époque des conséquences du traité de Versailles. « L’Allemagne paiera ». On a vu. L’Allemagne n’a pas payé et elle a encore moins de raison de le faire cette fois. Le projet de Benoit Hamon est un programme de fantaisie.

Enfin apparaissant comme intermédiaire, centriste, bien qu’il est présenté comme une hérésie par ceux qui s’enrichissent avec la politique économique que veut faire perdurer Macron, le choix d’un retour au franc est celui de la responsabilisation de tout un pays. On ne rebalance pas notre dette sur le dos des allemands qui n’en veulent pas, on l’assume en tant que pays souverain refusant de se faire dicter la loi par des intérêts privés. Maints économistes, des prix Nobel américains à Jacques Sapir ou Frédéric Lordon, par exemple, en France y voient le seul moyen raisonnable pour éviter à terme le chaos qui guette. Marine Le Pen défend cette solution avec acharnement. Toute l’oligarchie est vent debout. Son fric est en cause. A l’évidence les intérêts de cette caste ne sont pas ceux du peuple français. A ce dernier maintenant de le comprendre!

Les choix sont clairs. A nous de voter en conscience.

Frédéric Le Quer