Les perles fines

Par Vendredi 26 décembre 2014 Permalink 12

Si les perles ont été les premières gemmes appréciées dans l’humanité, elle n’en ont pas moins connu un certain désamour à la fin du XXe siècle. C’est oublié. La cote des perles fines en ce début de XXIe siècle a retrouvé sa vigueur d’antan. Un rang de belles perles égale une rivière de diamant.

A l’inverse des pierres précieuses, les perles fines n’ont besoin d’aucune intervention humaine pour révéler leur splendeur. Leur classification et leur valorisation dépendent de trois critère d’analyses: « L’éclat, qui se montre à travers un point lumineux si la perle est placée isolément sur une surface horizontale, le lustre, qui résulte d’une sensation de velouté et d’irisation, l’orient qui révèle une impression de profondeur dans un milieu de tonalités chaudes ».

La plus grosse perle fine au monde fut pêchée en 1934. Elle pèse 6,4 kg pour un diamètre de 28,8 cm, elle est de forme irrégulière et s’appelle perle d’Allah ou de Lao Tseu. D’habitude les dimensions avoisinent plutôt les 7 mm pour un poids de 0,6 g. D’ailleurs les amateurs apprécient particulièrement celles venues de la mer Rouge, du golfe Persique ou du golfe de Mannar qui sont de petites tailles.

Seule la composition des perles révèle s’il s’agit bien de perles fines. L’exemple d’un collier de 149 perles vendu début 2014 est intéressant. Estimé prudemment 400 à 700 € par le commissaire priseur avant son passage au laboratoire, il fut réévalué autour de 10 000 € après que les perles le composant aient été certifiées fines. Il fit, lors de la vente le 10 février 2014, 310 960 €! Une autre anecdote sur la cherté des perles fines est celle de l’échange en 1917 que fit le joaillier Pierre Cartier d’un collier double rang de 128 perles contre un palais new yorkais de style renaissance où il installa son magasin!

Épingles (souvent portées sur une cravate par des dandys du début du XXe siècle) et pendentifs ornés d’une seule perle sont aussi très prisés. Deux exemples, l’un concernant une perle baroque (de forme irrégulière, ses défauts en font tout le charme!),  sur une épingle, fit au mois d’octobre 53 550 €, l’autre, en décembre, intéressant une perle poire blanc crème obtint une enchère à 160 000 €.

La beauté de la nacre vient de l’espèce d’huître qui l’a produite. Les comestibles en ont une de mauvaise qualité. Le réveillon du jour de l’an permettra de se délecter mais pas de s’enrichir!

Frédéric Le Quer