Les pays du sud

Par Mercredi 8 juillet 2015 Permalink 16

Avec la crise grecque, ce sont tous les pays du sud de l’Europe qui se sentent déconsidérés. Les portugais, les espagnols et les italiens ont peur de l’amalgame et se voient déjà ranger dans le même sac par les finlandais, les autrichiens ou les néerlandais. Si leur premier réflexe, maintenant, est de chercher à se distancier de la Grèce et sa gouvernance, le second sera forcément de s’assumer comme des latins, méditerranéens fiers de ce qu’ils sont et prêts à bousculer un dictât venu du nord dans lequel ils ne se reconnaissent pas.

Leurs faiblesses et leurs défauts sont sans pitié en train d’être dénoncés et punis à grand coup d’austérité. L’argent des pays du nord ne fait pas dans le demi-mesure et des taux de chomage effrayants, un commencement d’émigration et un produit intérieur brut incapable de revenir à ce qu’il était en 2007, avant la crise bancaire, sanctionnent des économies qui au travers de la monnaie unique voulaient se faire plus grosses que le bœuf. L’attitude des populations est encore ambiguë, tiraillées entre la fierté de boxer avec l’Allemagne et la peur de voir leur patrimoine dévalorisé avec une monnaie faible d’un coté, et le sentiment net de devenir les souffres-douleurs d’une zone € à l’avenir flou et surtout faisant de plus en plus perdre toute indépendance nationale.

Alors tels des élèves moyens-médiocres, ils se font oublier pendant que la grande gueule tente de changer un règlement qui ne leur convient pas non plus. Mais ils font contre mauvaise fortune bon cœur et sourient aimablement aux bourreaux pour qu’ils les oublient cinq minutes voire même décernent quelques bons points à leur dirigeants formant une caste apatride déconnectée de la population. Inéluctablement sur ce terreau, naissent et se fortifient des partis souverainistes seuls capables de défendre les citoyens floués à qui la zone € fait perdre toute dignité. en les transformant en une main d’oeuvre bon marché corvéable à merci.

Après le grexit un autre acronyme sera inventé pour le cas portugais et puis ce sera au tour d’un autre. La dette toujours plus élevée d’année en année dans les pays du sud ne peut qu’aboutir à des conflits dramatiques. Plus vite sera acté l’inefficience de l’euro, plus vite des pays apaisés au sein de l’Europe renoueront des liens d’intelligence et d’estime mutuelle.

Frédéric Le Quer