Les « no borders », cheval de Troie du capitalisme!

Par Mardi 1 mars 2016 Permalink 4

Les « no borders » sont les héritiers des soixante-huitards et les alliés objectifs de l’ultralibéralisme mondialisé. La bienveillance des états vis à vis de groupes se proclamant comme anticapitalistes dont les luttes sont associées aux anarchistes libertaires s’explique par leur raison d’être première, leur combat internationaliste revendiquant « la liberté de circulation pour tous et toutes », la fermeture des centres de rétention administrative et « la fin des frontières et des contrôles migratoires ».

Les états déliquescents partout en Europe n’agissent encore avec un semblant de fermeté vis à vis de l’invasion migratoire qu’à cause de leur opinion publique. Les peuples attachés à leur racine s’indignent d’une situation qu’ils sentent bien tout à fait contrôlable et que seule la mauvaise volonté rend soi-disant inéluctable. Quand les « no borders » se retrouvent à la frontière gréco-macédonienne ou à Calais, ils servent la propagande internationaliste partagée largement par les médias et leur donneur d’ordre, le capitalisme mondialisé. Leur coté libertaire anarchiste est un trompe l’œil utile pour se servir d’une certaine jeunesse, issue d’ailleurs de milieux favorisés, dans l’intérêt d’un monde qui en perdant ses frontières deviendra automatiquement dirigé par les multinationales sans souci de la démocratie mais arbitrant uniquement à l’aulne du profit.

Les « no borders » servent alors à l’émancipation des migrants en les aidant à s’installer, à entreprendre les démarches administratives, à éventuellement ouvrir des squats et surtout en leur donnant une conscience politique dont ils sont au départ tout à fait dépourvus. Si les réfugiés arrivent en demandant humblement,  ils comprennent vite qu’ils peuvent se permettre d’exiger fermement! Les images de leur violence dès qu’ils se retrouvent devant un obstacle sont révélatrices. Soutenus par des militants européens, ils forcent les portes fermées avec le culot et l’aplomb que leur insuffle les « no borders ». Qui n’a pas été choqué de voir ces étrangers exigés comme un dû d’être nourri, logé, blanchi dès leur arrivée en Europe aux frais de la communauté qui les accueille? Comment leurs doléances et leurs récriminations n’auraient-elles pas quelque chose d’exaspérant dans un contexte économique si difficile?

Les citoyens n’ont pas besoin des migrants, mais ils sont utiles à la classe sociale la plus riche. En mâtinant leur arrivée d’un anarchisme utopique, elle brouille les cartes pour complexifier politiquement la situation. Le mouvement des « no borders » ne sert que l’intérêt des puissants en divisant les populations victimes de l’invasion.

Frédéric Le Quer