Les migrants sont décidément partout

Par Mercredi 24 février 2016 Permalink 8

Le sujet des migrants, et leur errance à travers l’Europe continentale est sur la table d’une réunion de Vienne aujourd’hui. Si l’angélisme reste en France l’attitude choisie par des dirigeants ouvrant grand les frontières et se mobilisant pour installer les afghans, les syriens, les irakiens, les éthiopiens, les tunisiens, les algériens, les maliens, les soudanais, les sénégalais,  j’en oublie évidemment, en France en leur aménageant des lieux de vie pour les inciter à tout prix à demander officiellement l’asile chez nous, les autres nations européennes  sont de plus en plus réticentes.

Les allemands, après avoir unilatéralement engagés l’Europe sur la voie de l’accueil à tout crin, fustigent les pays récalcitrants comme l’Autriche. Ce dernier envoie un nombre de réfugiés « beaucoup trop élevé » , fulmine le ministre de l’intérieur Thomas de Maizière. La police bavaroise laisse passer depuis l’automne, d’après les chiffres officiels,  50 réfugiés à l’heure à la frontière! C’est beaucoup plus en réalité. L’Autriche qui voit sa situation intérieure jusque là paisible se tendre suite à de nombreux actes de délinquance, a décidé une petite réunion en catimini avec les pays des Balkans sans se soucier ni de l’Allemagne, ni de la commission européenne et encore moins de la Grèce qui n’a carrément pas été invitée! Ambiance, ambiance… Si les migrants doivent se retrouver en Autriche dans un cul de sac, le pays refusera l’idée de devoir aménager des camps et les empêchera d’entrer. Donc des migrants, oui, mais à la condition essentielle qu’ils puissent continuer à migrer!

Le gouvernement français qui autorise  tout le monde à entrer, souhaiterait disséminer les migrants à travers la France alors qu’ils ont tendance à s’agglutiner au bord de la Manche. Mais le migrant n’est pas un homme facile et l’état doit faire preuve de beaucoup de tact pour qu’il daigne ne pas vouloir aller chez nos amis anglais… Hélas, il reste insensible à  ses œillades et la fermeture probable d’une partie du bidonville de Calais draine sur les routes du littoral un flux incessant d’individus toujours à la recherche d’un passage outre manche. La Belgique devient naturellement un nouveau lieu de destination. Aussi décide-t-elle de rétablir sa frontière,  ne voulant pas remplacer la France comme grand cul de sac de Schengen. Les Keshua le long des plages flamandes font  fuir les touristes et les dirigeants de la région de Zeebruges demandent à la population de « ne pas nourrir les migrants comme elle nourrit les pigeons ». Amis de la poésie bonjour!

Certains tentent de contrer l’incontestable submersion migratoire actuelle. Le laisser aller des autres annonce dès cette année une catastrophe humanitaire. Les frontières de l’Europe peuvent être fermées à condition qu’il y ait une réelle volonté politique. Ce sont les petits pays pour qui le nationalisme n’est pas un gros mot qui sont à la manœuvre. Ce ne sera pas suffisant.

Frédéric Le Quer