Les marchés financiers

Par Mardi 23 décembre 2014 Permalink 18

Les marchés financiers, en particulier ceux concernant les actions, montrent une nervosité qui ne cache plus l’absence totale de confiance que les intervenants ont en la reprise mondiale. Du coup la moindre information est prétexte à des mouvements importants à la hausse comme à la baisse puisque la cupidité toujours présente est plus que jamais sclérosée par la peur.

Ne surtout pas rater un mouvement de hausse qui viendrait d’un bruit de couloir confirmant l’application prochaine des intentions de Mario Draghi. Ne pas se laisser prendre dans une tourmente baissière venue d’une déclaration d’un dirigeant allemand ou d’une initiative anxiogène du gouvernement grec pouvant remettre en cause les fameuses intentions. Voilà les consignes! Si l’analyse des bilans des sociétés était pertinente quand les chiffres macro économiques ne laissent plus entrevoir de reprise mondiale, les cours baisseraient. Mais l’argent distribué, ou pas, par les banquiers centraux est devenu le seul paramètre des fluctuations boursières.

La politique inititiée par Ben Bernanke est maintenant relayée par le volontarisme monétaire des japonais. Si pour la population américaine les effets du QE sont pour l’instant presque nuls, des chiffres prémonitoires laissent penser qu’il n’est pas impossible que ça finisse par s’arranger pour les classes moyennes… Janet Yellen passe donc la main à  Shinzo Abe  qui y va de bon cœur mais sans aucun résultat présent ou à venir qui montrerait la pertinence de son action.

Il faut d’après la FED  que la BCE s’aligne aussi sur la politique monétaire voulue par les Etats Unis. Chacun pense même que c’est la raison d’être de la monnaie unique que de jouer ce rôle de supplétif. Chacun, non, un pays résiste encore et toujours croyant en la valeur de sa monnaie et en sa souveraineté politique. L’anachronisme serait soit choquant, soit héroïque au temps de la mondialisation s’il ne s’agissait pas du plus puissant pays européen…

L’angoisse des marchés est à son comble lorsqu’un ensemble économique si important que la zone € s’attend pour l’année prochaine à une croissance nulle, des taux d’intérêt à zéro, une inflation peut-être négative. Leur espoir est dans une création monétaire elle-même créatrice de valeur fictive des produits financiers. Un postulat fou dont l’efficacité faiblit au fur et à mesure que le temps passe.

Frédéric Le Quer

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