Les juifs, l’occupation et Zemmour…

Par Mardi 21 octobre 2014 Permalink 33

Le livre d’Eric Zemmour a retenu l’attention des médias, indépendamment de son succès, par son analyse de l’attitude du régime de Vichy vis-à-vis des juifs français. Contre l’interprétation dominante et la pensée unique, il n’hésite pas à déclarer que sous l’occupation allemande ceux-ci bénéficiaient d’une certaine mansuétude dont les autres juifs ne pouvaient se prévaloir.

Remontons plus de soixante dix ans en arrière et racontons! Une petite fille d’une famille catholique non pratiquante d’une dizaine d’années à peine avait une tante, mariée au frère de son père, juive. Malgré l’occupation allemande ses parents n’avaient aucune appréhension à la laisser de temps en temps aller vivre chez elle, rue Léon Frot dans le XIe arrondissement de Paris. Le milieu modeste expliquait en partie le manque d’information et la méconnaissance des risques encourus. La petite fille se rappelle toujours l’étoile jaune que sa tante, et d’ailleurs aussi marraine, avait cousue sur son manteau. Elle se rappelle encore l’étole qui la dissimulait quand elle sortait. Elle se rappelle aussi le jour où elle l’accompagna au bureau de recensement vers République où Marraine avait été obligée d’aller pour être dénombrée en tant que juive. Elle se souvient qu’avant d’entrer, elle rangea ce châle interdit pour laisser paraître l’étoile, elle se souvient des guichets dans la salle, elle se souvient encore de l’attente qu’il y avait avant de passer devant le fonctionnaire. Elle patientait sagement avant la vraie bonne promenade dans Paris.

Cette histoire avec ce qui a été su depuis semble une aberration. Ses parents, son oncle, sa tante étaient apparemment non seulement dans l’ignorance la plus totale des horreurs connues depuis, mais ne sentaient pas le danger qui pouvait menacer. La tante aimait sa nièce, la nièce voyait sa tante. Quand Eric Zemmour parle de la relative protection dont bénéficiaient les juifs français, cette anecdote corrobore son analyse des documents. Indéniablement en tant que française, la tante se sentait suffisamment en sécurité pour se promener et sortir avec l’enfant qu’elle chérissait.

Mais à quoi bon faire renaître ce genre de polémique? Pourquoi ce gout sadique d’exciter jusqu’au bout cette bien-pensance totalement discréditée dans l’opinion publique? L’impossibilité actuelle pour un enfant juif d’aller chercher une baguette de pain le soir après six heures quand ses parents habitent Sarcelles ou Garges les Gonesse n’est-elle pas une question d’actualité bien plus prégnante concernant directement l’antisémitisme des banlieues? L’hégémonisme islamique en France ne remet-il pas suffisamment en cause l’unité nationale? La destinée d’enfants non musulmans à le devenir quand leurs parents vivent dans certains quartiers de la périphérie pour pouvoir être acceptés, pouvoir s’insérer dans leur environnement ne pose-t-elle pas bien plus de questions graves et d’actualité?

Le drame français se joue aujourd’hui et nul n’est besoin de revenir sur le passé. Son suicide, relevé par Eric Zemmour, est maintenant. La dislocation de la société aboutit à une remise en cause totale de l’avenir de la France. Le choc civilisationnel perçu par l’ensemble de la population et obstinément tu par les dirigeants et les médias entraîne une espèce de libanisation culturelle dont on imagine de moins en moins le pays sortir.

Frédéric Le Quer

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