Les jeux olympiques et la gauche

Par Mercredi 24 juin 2015 Permalink 17

La gauche a le culte du festif. Le divertissement des masses, sa grande préoccupation, va peut-être prochainement trouver un formidable vecteur avec les jeux olympiques. Les championnats d’Europe de football à venir, déjà fortement mis en avant les dimanche dans la capitale, trouveront ainsi un remplaçant pour distraire les foules.

Fête de la musique, fête des voisins, journées du patrimoine, fête de la rose, fête de l’huma, etc, etc… égrainent le calendriers dans l’espoir de voir l’individu s’oublier au milieu de ses congénères. L’important est de faire société, comme on dit maintenant, d’amener les gens à sortir dans la rue pour clamer leur joie de vivre ensemble en espérant qu’elle soit contagieuse. Ces sentiments de félicité, de plaisir sont voulus d’en haut; organisés, canalisés, ils se doivent d’être dans chacun, au risque de passer pour un grincheux, un mauvais citoyen. Mais ce qui est capital est qu’ils ne demandent pas d’effort intellectuel, qu’ils viennent de choses simples, presqu’enfantines, qu’ils existent dans l’instant, spontanément et se propagent sur des sujets sans résistance. Un rock et on danse, un but et on crie, une victoire et on klaxonne!!!

Ces manifestations luttent contre l’enrichissant repli sur soi, la réflexion, la pertinence du je. L’individu pensant est l’ennemi des supporteurs, des voisins, des visites organisées. Il est perdu, il reste à part, il est mal à l’aise devant des réjouissances sans lendemain bonnes à honorer l’immédiateté au milieu de gens dont le seul souci est de s’oublier pour croire un instant qu’ils ne sont pas seuls. Alors l’utilité de la sous culture propagée par les médias et par l’école trouve toute sa logique. Un savoir venu de nul part, sans consistance est suffisant pour participer. Un plus petit dénominateur commun de la connaissance, toujours plus petit d’ailleurs, porte tout ce cirque. L’homme formaté devient un ersatz d’homme s’appliquant à réagir comme les autres pour se croire heureux avec les autres.

Alors cette candidature aux jeux olympiques, après de nombreux échecs mais en sont-ce bien puisqu’ils ont rendu les organisateurs plus forts et dans la nov’langue échec n’existe pas, cette candidature donc va se révéler le prétexte de rassemblements populaires pour glorifier des victoires qui forcément viendront tant sont nombreuses les compétitions. Et surtout que rien de culturel issu de l’intellect ne vienne troubler la fête. Il faudra sourire, applaudir et être « beau, beau, beau et con à la fois »!

Frédéric Le Quer