Les jeunes issus de l’immigration

Par Samedi 6 février 2016 Permalink 2

Si les jeunes issus de l’immigration ne se sentent pas français, c’est la faute des français qui  ne les considèrent pas français. Voilà un beau sujet de repentance pour un peuple que les élites ne cessent de stigmatiser. Depuis le reportage de France 2, la presse bien pensante s’en prend avec acrimonie à ceux qui ne trafiquent pas des armes et de la drogue, à ceux qui ne vivent pas de l’économie parallèle, à ceux qui ne remplissent pas les prisons, à ceux qui ne tuent pas leur semblable un vendredi soir à la terrasse des cafés pour dire qu’Allah est grand.

Le documentaire mené par une juive et un arabe commence astucieusement par la tentative des élèves  de savoir qui est qui. Tous les clichés antisémites sont de sortie; jusqu’à la fin leur insondable bêtise sur ce sujet est effrayante  et le téléspectateur sent le poids de cette identité primaire expliquée par un sociologue comme venant de l’éducation familiale. L’enseignement scolaire semble resté totalement impuissant sur la question. L’instruction publique n’encaisse pas que cet échec. Le reportage tourné avant les attentats de Paris montre assez nettement l’empathie des élèves envers les tueurs de Charlie Hebdo. Les victimes devaient bien s’attendre à ce qui leur est arrivé à force de ne pas respecter les croyants! La laïcité ne représente rien aux yeux de jeunes marqués par la religion. Toutefois, en filigrane, on sent que certaines jeunes filles musulmanes s’accrochent sans le revendiquer mais par leur comportement à une certaine liberté de mœurs encore possible en France.

Alors, la grande question est de leur demander s’ils se sentent français et quasi unanimement ils répondent que non. Ils restent du pays des parents profondément enracinés dans une culture qu’ils savent pertinemment être en décalage avec la culture française et en tirent intelligemment les conséquences au point que les reporters leur font rencontrer une espèce d’arbitre des élégance concernant l’art de la table. A la question, c’est quoi être français, les journalistes presque naïvement en viennent à considérer de fait que c’est avant tout une affaire de culture et de comportement en société. Et cette réponse est aussi celle des jeunes qui comprennent pertinemment que leur façon de vivre ne correspond pas aux us et coutumes en France. La juive et l’arabe qui les interrogent sont indéniablement français alors qu’eux ne le sont pas.

Le seront-ils? Pour les quelques uns qui rompront avec leurs origines sociales, ils le deviendront. Ce sera la sanction d’études réussies et leur mérite sera immense. Pour tous les autres ils continueront à vivre comme à Alger, Tunis ou Bamako dans une banlieue de grande ville, ne s’intégreront jamais, ne feront jamais l’effort d’intégrer leurs enfants. La submersion migratoire les rendra plus fort en affaiblissant ceux qui sont, se sentent français. Les plus engagés  se rapprocheront du djihadisme. La partition du territoire français est la conclusion logique de ce documentaire qui ne voulait pourtant pas faire sentir au téléspectateur cette inéluctable perspective.

Frédéric Le Quer