Les institutions françaises malades

Par Jeudi 14 décembre 2017 Permalink 3

La politique d’Emmanuel Macron tend à sabrer les institutions françaises sous prétexte de la règle européenne sur les 3% de déficit public. Rien qu’aujourd’hui, au devant de l’actualité, trois grands secteurs de la république se trouvent en danger, danger qui rejaillit inéluctablement sur la vie quotidienne des citoyens. La Cour des Comptes semble abasourdi après son audit sur les prisons et l’immobilier en lien avec la justice. L’Association des Maires de France (AMF) continue d’être vent debout contre Emmanuel Macron et sa politique concernant les communes. La situation des forces de l’ordre est si lamentable qu’à la mi décembre, la police et la gendarmerie dénombrent, dans leurs rangs, 65 victimes de suicide depuis le début de l’année.

Les prisons et les corps de justice sont dans une impasse budgétaire. L’immobilier coûte trop cher et on ne peut augmenter le nombre de places dans les établissements pénitentiaires. Quatre milliards d’euros pour trente nouvelles prisons et treize mille embauches de gardiens de prison sont nécessaires mais ne se feront pas! Le partenariat public privé, mis en place par Raffarin (celui qui passe actuellement pour un sage!!!), qui fait construire des bâtiments par le privé pour être loués à l’état pendant trente ans, est une terrible gabegie des deniers publics. La loi de programmation pour rénover la justice présentée au printemps prochain s’annonce devoir résoudre le problème de la quadrature du cercle. La Cour des Comptes écrit déjà que des édifices comme le palais de justice de Bobigny feraient mieux d’être démolis que d’être rénovés.

L’AMF reste très remontée; les dotations de l’état, les contrats aidés, la suppression de la taxe d’habitation, le logement social sont les points d’achoppements. Les économies faites sur ces points ne passent pas. La conférence des territoires d’Edouard Philippe avec les élus locaux risque de n’être qu’une grande perte de temps, les maires ne comptant pas y participer pour montrer leur désapprobation vis à vis de la politique gouvernementale qui fragilise les communes.

En devenant policier ou gendarme, ces fonctionnaires ont 36% de risque supplémentaire par rapport au reste de la population de se suicider. Avec de tels chiffres, les conditions de travail sont forcément un facteur aggravant. Le malaise est profond et le syndicat des gardiens de la paix parle de management « déplorable », de manque de considération, de conditions de travail, d’« usure professionnelle », de « désocialisation », de politique du chiffre pour expliquer ces drames à répétition.

De nombreuses autres questions qui ne sont pas dans l’actualité du jour dénotent le malaise de la société française. On tente de nous le cacher en inventant une reprise économique qui ne profite qu’aux riches. Mais les faits sont têtus et la négation du réel trouve ses limites.

Frédéric Le Quer