Les institutions européennes se crispent

Par Lundi 1 juin 2015 Permalink 38

Les institutions européennes tremblent dorénavant sur leurs bases à chaque élection, à chaque manifestation de démocratie, de souveraineté populaire. Elle n’ont pas tort car les citoyens, exaspérés qu’elles ne tiennent jamais compte de leur opinion, se radicalisent davantage, scrutin après scrutin, dans l’espoir d’être enfin entendus.

La crispation que l’on sent de la part des autorités bruxelloises, dans tous les domaines, sociaux, économiques, politiques, caractérise ces moments où le passage en force n’est plus que la seule solution envisageable, quitte à voir tout s’effondrer si celui- ci est impossible. Le test sur la fragilité ou la force des institutions européennes se joue maintenant avec la Grèce et le Royaume Uni, bien sûr, mais aussi la base électorale de tous ces partis souverainistes, populistes, patriotes qui ne cesse de grossir dans tous les pays.

Alors l’Union Européenne se presse, en catimini, pour rendre incontournable une construction toujours plus ultra libérale aux relents apatrides. Le tribunal d’arbitrage international s’établit ainsi dans le cadre du commerce transatlantique concernant d’éventuels litiges entre les états et les multinationales. Ces dernières pourront ainsi contester des décisions démocratiques en vertu du manque à gagner que celles-ci engendreront éventuellement. Cet exemple est particulièrement parlant sur le rôle de l’UE dans les dérives totalitaires actuelles mais il n’est pas unique. La BCE, seule institution fédérale n’a aucune légitimité citoyenne alors que ses options économiques ont un impact direct sur la vie quotidienne des européens. La commission européenne ne cesse, par ailleurs, de lancer des injonctions pour plus d’immigration, moins de contrôle étatique, ou plus d’alignement sur la politique étrangère des États Unis.

Quand Emmanuel Macron réclame, comme ce week-end, une union à plusieurs vitesses, c’est pour mieux soumettre les pays les plus avancés sur la voie du renoncement démocratique. Ce qui compte est d’aller le plus vite possible vers une zone géographique dirigée par les lois du marché sans l’intervention des populations. Celles-ci sont en train de se réveiller et il n’est plus temps de trainer! L’idée est de rendre le maximum de décisions irrévocables, au moins à un noyau encore suffisamment dur. C’est une course contre la montre qui est en train d’être livrée.

La bataille contre l’opinion publique que livre les tenants de la supranationalité dans tous les domaines revient à la tentative de faire taire les aspirations populaires. L’Union Européenne s’accroche à un pouvoir que de plus en plus de monde veut lui ravir car sa détention  devient de moins en moins légitime. C’est le droit des peuples à disposer d’eux-même qui se joue en ce moment.

Frédéric Le Quer