Les indécis

Par Mardi 28 mars 2017 Permalink 3

Les indécis sont devenus un grand thème de l’élection présidentielle. Pourtant tout semble joué au niveau des hautes sphères. Que Macron ou Fillon la remporte, elle débouchera vraisemblablement sur une victoire du parti LR aux législatives et le premier ministre sera inéluctablement Baroin.

Mais Fillon qui lors des primaires semblait un gage de stabilité, est devenu l’inconnu de l’équation. Ses soutiens de la société civile comme le PDG de Fleury Michon se détournent de lui résolument. Baroin, toujours, ne fait quasiment pas campagne. Fillon est indéfendable. Lui-même s’y prend très mal avec son histoire de cabinet noir qui ne mène nulle part sauf s’en prendre à un président qui n’est déjà plus rien. Il eut fallu qu’il dénonçât tout le monde pour montrer que ses propres pratiques n’étaient pas les pires. Il ne l’a pas fait. Ce n’est plus qu’un zombie! Il laisse alors ses millions d’électeurs dans l’embarras.

Macron, la doublure de Hollande, apparaît comme le faux nez des caciques du PS. A droite, il faudra vraiment détester Marine Le Pen pour voter pour lui malgré tous ces députés ou ces vedettes du centre ou de droite qui vont à la soupe chez lui. Mais ils ne représentent qu’eux-mêmes. Si les électeurs de droite sont alors en train de se disperser de Macron, aussi, évidemment, à M Le Pen en passant par Dupont-Aignan et même Asselineau, ceux de gauche, ceux des grands soirs qui chantent ont un très large choix des trotskistes à Hamon en passant par leur leader Mélenchon.

5 ans de hollandisme après 5 ans de sarkozysme sont un phénomène qui a naturellement produit des indécis. Union Européenne + politique de l’offre = une situation déplorable. Cette ligne malgré la publicité dont elle bénéficie dans tous les médias n’attire pas le peuple. Elle vient comme un pis aller. Seule la peur de l’inconnu la rend encore jouable. Draghi rachète à fond les dettes souveraines pour que les nuages noirs de l’économie mondiale (aucune inflation à l’horizon, baisse du pétrole, baisse du profit des entreprises…) n’éclatent pas avant la fin de l’année. Il aide les tenants de cette offre politique à coup de milliards de milliards d’euros de manière à ce que quand les gros problèmes vont venir il soit trop tard. Les électeurs moyennement dupes se doutent du bidonnage des statistiques économiques actuelles. D’ailleurs ils ne ressentent aucune amélioration.

Les indécis ont donc beaucoup de raisons de l’être. Franchir ou ne pas franchir le Rubicon, telle est la question! Continuer à respecter ce que les élites leur ont dit de respecter ou tenter autre chose qui par définition plonge dans l’inconnu. Ces élections ne sont décidément pas jouées.

Frédéric Le Quer