Les frères Kouachi

Par Mardi 10 mars 2015 Permalink 28

La vie des frères Kouachi fut faite de plaies et de bosses. Cependant la France peut s’enorgueillir de ne jamais les avoir laissés tomber. Pourtant rien y a fait et la haine des valeurs républicaines a été la plus forte. Jamais ils n’ont aimé le pays dont ils avaient la nationalité.

Les parents des frères Kouachi sont algériens, de Constantine. Arrivés en France, ils demeurent dans une tour du 19e arrondissement située rue d’Aubervilliers. Saïd Kouachi est né à Paris en 1980. Sa soeur, Aïcha, naît en 1981, son frère Chérif en 1982. Fin des années 80 naissent deux autres enfants, Salima et Chabanne. Leur père décède lorsque les fameux frères Saïd et Chérif ont 11 et 9 ans. Trois ans plus tard la mère malade et sans emploi voit d’abord les deux plus grands garçons puis quelques mois plus tard le petit Chabanne confiés par l’Aide Sociale à l’Enfance à un centre éducatif de Corrèze. Des aller-retour à Paris ont lieu pendant les vacances mais seules les deux filles Aïcha et Salima restent avec leur mère jusqu’à sa mort en janvier 1995. Après le décès Aïcha rejoint ses trois frères dans le Limousin alors que la plus petite est placée en foyer d’accueil dans le Perche.

La république offre alors à ces jeunes des conditions de vie aussi bonnes qu’il est possible dans leur situation. Les orphelins vont voir la petite sœur  régulièrement et réciproquement. Le cadre de la fondation Claude Pompidou est agréable, les éducateurs consciencieux. Saïd Kouachi est très tôt marqué par la religion musulmane et prie régulièrement. Malgré cela il fréquente plusieurs années une française pendant son CAP et fait du rap. Chérif vit dans l’illusion de devenir footballeur, ne montre aucun intérêt marqué pour la religion, court les filles. Aïcha, la sœur, sort avec un  français pendant son CAP de cuisine au grand dam de ses frères qui n’admettent pas qu’elle se fourvoie avec un non musulman. Les deux ados se revendiquent comme anti blanc, anti français bien que la France est palliée à la défaillance parentale en leur payant un logement, des études et des vacances jusqu’à leur majorité. Après ce sera au tour d’un oncle de reprendre en main leur éducation en les islamisant: Mosquée radicale, prison, asservissement de la sœur trop libre avec voile et mariage forcé. Le terrorisme vient alors presque naturellement…

L’islam a proposé la mort aux frères Kouachi et cette mission leur a plu. L’échec des parents en France est surement un catalyseur. Les préceptes d’une religion difficilement soluble dans une démocratie occidentale ont fait le reste. La tragédie est banale, trop banale donc pour ne pas avoir de multiples répliques.

Frédéric Le Quer