Les français pleurent Johnny Hallyday

Par Mercredi 6 décembre 2017 Permalink 7

Le premier juin 1885, les funérailles de Victor Hugo rassemblaient deux millions de personnes qui pleuraient leur poète disparu. Aujourd’hui pour la mort de Johnny Hallyday, le gouvernement, jamais à court de démagogie, parle d’obsèques nationales pour le chanteur. Chaque époque a les héros qu’elle mérite.

Incontestablement Johnny a marqué son temps, peut-être comme personne, et c’est, d’un certain point de vue, assez terrible de devoir le reconnaître. Superbe interprète, tout le monde hurle un jour ou l’autre ses chansons et crie « Allumez le feu » au milieu d’une soirée bien arrosée! Il a donné du bonheur aux gens. Il a même représenté un idéal dans les années 70 avec ses grosses motos et ses virées dans l’ouest américain. Johnny était une image. Celle de la vie rêvée pour une jeunesse perdue entre la fin des trente glorieuses et les chocs pétroliers successifs. Les temps ont passé, Johnny Hallyday est resté. Indéboulonnable. Percevant l’air du temps comme personne dans son domaine. Même ses « Ah que Johnny » ne l’ont pas ridiculisé. Au contraire. Son langage était celui de tout le monde. Et les gens l’aimaient encore plus pour son parler qui était le leur. Le français de l’idole des jeunes résonne alors comme celui des poètes pour une population qui ne cherche plus à s’élever mais juste à se reconnaître dans un héros.

Il y a près d’un siècle et demi, la France était bouleversée par la mort d’un créateur de génie. Il n’y avait pas eu de marketing. De l’instinct seulement. C’était plus que respectable. C’était son honneur. Elle est aujourd’hui bouleversée par la mort d’un chanteur populaire. Pourquoi pas? Mais incontestablement cela en dit long sur un certain manque d’exigence même si, comme moi, on aimait bien Johnny!

Frédéric Le Quer