Les Etats-Unis et la zone €

Par Samedi 30 août 2014 Permalink 38

L’euro baisse un peu avec les yeux de Chimène que les investisseurs posent sur les Etats-Unis. « Va, cours, vole et nous venge » devrait dire Janet Yellen au dollar! Mais non, elle temporise, elle doute, se veut pragmatique pour ne pas paraître pessimiste. Une normalisation de la politique monétaire américaine d’ici une période de temps considérable est son objectif avoué. En Europe le temps, lui, est compté.

Donc aux USA, l’inflation reste stable en juillet avec 1,6% de hausse sur un an ( inférieur à l’objectif de 2%) et les dépenses des ménages diminuent pour ce même mois de 0,1% par rapport au mois précédent. Les revenus sont loin de flamber avec le nombre important de personnes disponibles pour travailler. Même à New York aujourd’hui quand on a un job,  le garder est crucial, la peur du chômage qui n’existait pas avant la récession de 2008 est encore six ans après une réalité sociale… Le marché de l’emploi n’est donc pas rétabli. Il y a peu de chance que le taux d’intérêt directeur de la FED augmente avant un an…

Pour la zone euro les résultats sont bien plus tragiques! Inflation basse, croissance atone, chômage de masse sont son lot! La croissance espagnole dont les libéraux sont si fiers, a pris hier un certain relief avec l’annonce d’un déficit courant multiplié par dix au premier semestre 2014! Quels paniers percés! La croissance espagnole est un mirage alimenté par l’endettement. En Italie le taux de chômage augmente mois après mois (+0,3% en juillet par rapport à juin) parallèlement à une activité qui se contracte trimestre après trimestre depuis la mi 2011. Matteo Renzi, le président du conseil italien,  l’inspirateur de la gauche française, le Tony Blaire d’outre-Alpes, n’obtient aucun résultat probant. Sur le marché français, les prix à la production de l’industrie ont baissé en juillet de 0,3%; le chômage poursuit sa croissance; il y aura encore huit à dix milliards à emprunter la semaine prochaine sur le marché obligataire, à long terme… Si dans l’Union Européenne l’inflation ressort en juillet à +1,6%, la zone euro voit de plus en plus la déflation menacée avec seulement +0,3% sur un an. La japonisation de l’économie, avec le chômage de masse en prime, approche à grand pas!

Sans que l’économie américaine soit vraiment rétabli un certain décalage conjoncturel se fait jour par rapport à la zone euro. Les ajustements de Mario Draghi sur sa politique monétaire restent attendus comme le loup blanc par les pays du sud. Mais l’Allemagne veille et Wolfgang Schauble s’entête sur les réformes structurelles à réaliser. La cacophonie européenne rend l’avenir de la zone de plus en plus précaire.

Frédéric Le Quer


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