Les émaux cloisonnés chinois

Par Dimanche 11 janvier 2015 Permalink 5

Si dès l’époque Shang (1570-1045 avant J.C.) les bronzes, la céramique ou l’argenterie se paraient déjà de motifs émaillés incrustés, les émaux cloisonnés, tels qu’on les connait, viennent du monde musulman par l’intermédiaire des marchands. A la fin du XIVe siècle qui correspond à la fin de la dynastie Yuan, les premières pièces chinoises apparaissent et sont d’abord destinées au culte tibétain. Les Ming vont donner à cette technique toute son importance dans l’empire du milieu.

Les palais et les riches dignitaires n’adoptent que progressivement ce savoir-faire d’origine étrangère et assez mal considéré. Les émaux polychromes fondus entre de fines cloisons de métal gagnent leurs lettres de noblesse sous Xuande. Bleu turquoise, bleu lapis-lazuli,  noir, blanc, vert  vont petit à petit colorer quantité d’objets utilitaires comme les vases, les chaufferettes, les brûle-parfums… Des couleurs vives du début, la fabrication va progressivement passer à des tons plus affinés. La gamme chromatique va ainsi s’enrichir. Les teintes lustrées et translucides sont agréables à la vue. Mais la douceur au toucher participe aussi de l’attrait pour les émaux cloisonnés.

Si l’apogée au niveau manufacturier date de la dynastie Ming, l’age d’or du cloisonné chinois est au XVIIIe et XIXe siècle, sous les Qing. Des décors luxuriants mettent en valeur le règne animal ou végétal et reflètent ainsi l’univers symbolique du bouddhisme.

La valeur de ces objets en émaux cloisonnés est très variable, allant de quelques centaines d’euros à plusieurs centaines de milliers d’euros. Quelques enchères particulièrement remarquables: Un vase cloisonné Ming (23 cm de hauteur) en décembre 2013 a été vendu 768 304 € à Drouot par la SVV Thierry de Maigret, un autre issu du règne de Qianlong (1736-1795) au décor archaïque de 33 cm de hauteur a fait lui en juin de la même année 126 000 €, enfin, un brule-parfums d’un mètre du XIXe siècle s’est vendu, aussi en 2013, 223 056 €.

Frédéric Le Quer