Les élections en Grande Bretagne

Par Mercredi 8 avril 2015 Permalink 18

L’élection du prochain parlement de Grande Bretagne, le 7 mai 2015, par un scrutin uninominal à un tour, s’annonce serrée. La reprise économique est loin de profiter à l’ensemble de la population et de lui fournir les conditions pour qu’elle s’enrichisse. Aussi la société se trouve parcourue par les mêmes affres que le reste de l’Union Européenne.

Désir d’un pays plus souverain, problèmes identitaires dus à l’immigration, envie d’indépendance de certaines régions, aspirations écologiques, pauvreté accentuée, sont les débats à la une de la campagne électorale. Le bipartisme, malgré le scrutin qui lui est très favorable, est en train de voler en éclats. Quatre partis sont plus particulièrement en vue: Les conservateurs, les travaillistes, les indépendantistes écossais et les europhobes. Les écolos ont un rôle d’appoint au parti travailliste. Les partis d’extrême droite ont été phagocytés par Nigel Farage et son mouvement UKIP.

Comme partout ailleurs, les deux partis ayant gouverné, les conservateurs et les travaillistes, au coude à coude dans les sondages, sont porteurs de politiques similaires. A la différence de tous les pays du sud de l’Europe, France comprise, le parti au pouvoir n’est pas victime d’un rejet catégorique de la part de la population et conserve des chances de se maintenir. Il est possible que les indépendantistes écossais deviennent la troisième force politique ce qui amènerait le pays à réfléchir à des institutions fédérales.

L’UKIP, europhobe s’il en est, après avoir passé quelques mois sondagiers difficiles, revient dans la course très fort. Ses candidats aux idées iconoclastes défrayent la chronique. L ‘un d’entre eux a proposé qu’Israël kidnappe Obama, l’islam est assimilé à un cancer,  les pays en développement sont ridiculisés… Evidemment la presse se gausse de ces déclarations qu’elle relaie avec délectation! Nigel Farage tente de mettre de l’ordre tout en assumant l’éclectisme de son parti: « Nous avons toutes les opinions, nous avons des gens de la gauche, des gens de la droite, des gens de tous âges, de toutes classes, de toutes races ».

Ces élections montrent avant tout, comme partout, le désarroi de la population confronté à la mondialisation voulue par les caciques et rejetée par les autres. Le hiatus entre gouvernants et gouvernés s’accentuent dans toute l’Europe. L’islamisation est redoutée par les citoyens mais ignorée par les élites. La fréquentation des banques alimentaires a été multipliée par quinze en trois ans en Grande Bretagne. Les inégalités criantes entre classes sociales remettent en cause les choix politiques qui devront bien un jour ou l’autre être complètement réorientés. Les résultats de ces élections participeront certainement à l’amorce d’un virage.

Frédéric Le Quer