Les églises étaient pleines de monde

Par Lundi 26 décembre 2016 Permalink 3

Les églises étaient pleines de monde à Noël comme elles le sont aussi à Pâques, comme elles le sont de plus en plus souvent le dimanche matin ou le samedi soir, enfin dès qu’il y a une messe, les gens viennent en masse célébrer l’eucharistie. Ils communient tous, parfois bien habillés, d’autres fois débraillés, peu importe dorénavant la tenue. L’important est d’être présent, de témoigner de son catholicisme, de montrer ses racines chrétiennes comme un profond encrage séculaire, de manifester son soutien à une France éternelle.

Au diable les curés! Au diable le pape! Ils ne sont plus rien. Benoit XVI a dû renoncer, leur lâcheté les a discrédités et ramenés au rôle d’ustensiles nécessaires à tout office religieux. L’église romaine n’est plus honorée, sa hiérarchie ne vaut pas mieux que la classification d’une quelconque organisation non gouvernementale. Les fidèles viennent commémorer l’histoire de France, celle de leur ville, leur village, leur famille. Ils s’inscrivent dans une lignée mystique, intellectuelle, sociologique, se félicitent de leurs aïeux, refusent de renier leur foi ou simplement de la relativiser en l’édulcorant. Ils sont des jusqu’au-boutistes d’une idéologie, d’une religion, alors que la Vatican accepte toutes les compromissions sous prétexte d’œcuménisme. Leur exigence se situe dans la perpétuation des rites, dans la continuation d’un mode de vie mâtinée de cette modernité contre laquelle lutte l’église engluée dans des principes qui la déconnectent des réalités.

Ainsi les fidèles organisent leur vie loin des règlements voulus par le clergé car ils sentent que celui-ci les abandonnera quand la situation religieuse du pays se sera définitivement dégradée. A quoi bon écouter des gens qui accepteront plus tard les conversions de nos enfants au lieu de lutter? La spiritualité devient alors un individualisme quand les directeurs de conscience ont perdu la conscience de ce qui lie vraiment les croyants et se résignent à n’être plus que les représentants d’une foi en voie d’extinction. Les chrétiens venus à l’église pour la messe de Noël sont des résistants à l’image des disciples du Christ apparus au cours du premier siècle.

Frédéric Le Quer