Les dessous du command car de Macron

Alors qu’Emmanuel Macron s’apprête à être le président de la perte de souveraineté de la France, debout dans son command car, il s’est posé hier, comme aime souvent à le faire la gauche d’ailleurs, en chef de guerre. Il serait bien parti immédiatement au Mali voir nos troupes mais Angela Merkel lui ayant accordé un entretien ce jour, il doit repousser son voyage…

Grâce à la chancelière, les français continuent de partager avec les allemands cet € cher qu’ils aiment tant. Emmanuel Macron lui doit beaucoup d’égards! On a vu que les peuples du nord de l’Europe (ex: le président de la BCE interrogé par les parlementaires néerlandais) considèrent Mario Draghi comme leur ennemi et qu’ils attendent que les largesses du banquier central soient vite remplacées par une rigoureuse austérité en France et en Italie. Quelque chose à la grecque leur conviendrait assez bien apparemment… Les ordonnances Macron à venir vont dans ce sens en portant au pinacle la politique de l’offre. Où seront les acheteurs? Dans le reste du monde si on comprend bien… Donc simuler la souveraineté nationale sur un command car en descendant les Champs Elysées, cela fait de belles images dignes des brillants conseillers en communication dont Emmanuel Macron a su s’entourer, mais ne change en rien notre soumission aux volontés allemandes: si vous voulez l’€mark, il faudra gagner moins.

Ce paramètre a totalement été évacué de la campagne électorale. On a vu que, Marine Le Pen n’y ayant rien compris, il était facile au candidat des multinationales de se montrer peu précis. Pourtant le fait économique et politique des mois à venir se situe là exclusivement. Les français vont devoir payer la monnaie unique. Ce n’est pas tellement anormal puisqu’ils jouent à la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf! Mais ce qui l’est, c’est qu’aucune explication claire n’ait été proposée sur la question. Ce qui reste désagréable dans l’élection de Macron, c’est qu’il s’est refusé à développer les conditions pour la sauvegarde de l’Union Européenne telle qu’elle est. Personne n’a été capable de montrer avec pédagogie qu’il existait une alternative qui eut pu relancer le pays au lieu de l’étouffer. Comme cette solution nuisait indiscutablement aux plus riches, les médias l’ont tue malgré la pléiade d’économistes dans le monde qui la préconise toujours.

L’idée de libérer les talents cache celle de brimer ceux qui n’en ont pas. Le nœud gordien entre les quelques gagnants et la masse des perdants de la mondialisation n’a pas fini de se serrer.

Frédéric Le Quer