Les catalans ne sont pas en colère

Par Lundi 28 août 2017 Permalink 3

Les catalans copient donc sur les français. Ils ont fait leur manif foireuse pour s’indigner contre la haine à la manière de Jacques Brel quand dans « Les bonbons », il criait « paix au Vietnam »! La maire de Barcelone a l’air assez emblématique pour représenter à elle seule tout l’islamo-gauchisme et proclame sa « ville de paix, ouverte au monde, courageuse et solidaire » (voir L’Humanité). La population suit. Malgré que près d’une mosquée sur trois soit salafiste dans la région (rapport de la police (Mossos d’Esquadra)), on a même vu un père dont l’enfant de trois ans a été tué par les terroristes, embrasser un imam et c’était, d’après le Huffington post, « déchirant »… Les médias qu’ils soient communistes ou ultralibéraux boxent toujours dans la même catégorie, celle qui cherche à ôter les pulsions de vie d’une population, et la colère serait une saine pulsion de vie, pour lui intimer l’ordre de mourir dans le calme, en colonne rangée comme on dit à l’armée.

L’Europe occidentale continue donc de ramper allègrement. Si le spectacle donné par la Catalogne ce week-end est bouleversant, l’esprit de reddition dont elle est animée en est la cause pour une bonne part.

Une anecdote pour finir: Samedi dernier était diffusée à la radio une émission d’Alain Finkielkraut sur la fin de l’ancien régime. Les deux historiens invités constataient le flegme de l’aristocratie française quand, sous la terreur, elle montait à l’échafaud en rivalisant de bons mots montrant ainsi la distanciation dont elle faisait mine par rapport à la mort. Le cas de la comtesse Dubarry fut alors évoqué. Sur le point d’être exécutée, très différemment des autres, elle hurla sans la moindre retenue réclamant qu’on sursoit à son exécution. Rien n’y fit même si ses cris ébranlèrent sérieusement l’assistance. Les très sérieux invités de l’émission constatèrent que si la noblesse avait moins montré son détachement et plus sa colère vis à vis d’une mort souvent injuste, les décapitations eurent été moins nombreuses. Alors, cette colère des européens aujourd’hui, elle est pour quand?

Frédéric Le Quer