Les banques italiennes dans la tourmente

Par Mardi 26 janvier 2016 Permalink 7

Le problème des banques italiennes reste prégnant. Leurs fonds propres sont très bas malgré la vente par « leurs conseillers » (terme on ne peut plus abusif) de leurs propres produits financiers à leurs clients sans se soucier de savoir s’ils comprennent ce qu’ils achètent. Fin novembre, un pauvre bougre s’est d’ailleurs suicidé en réalisant qu’il était ruiné à cause des produits que sa banque lui avait vendus sans qu’il ait la moindre compétence pour juger de leur opportunité d’achat! Le conseiller a avoué l’avoir incité à investir toutes ses économies dans un type d’obligations plus risquées que les obligations ordinaires qu’il détenait auparavant sous l’insistance de sa direction! Rien qu’en Toscane ce sont 35000 personnes qui ont vu leur compte tombé vers 0 dans la nuit du 22 novembre.

La procédure de bail in voulue par la Commission Européenne permet de résoudre le problème de solvabilité en mettant à contribution les détenteurs d’obligation, ie les créanciers pour sauver leur banque ; les détenteurs d’un simple compte en banque ne l’ont pas été dans ce cas.  Ce sont souvent les mêmes personnes d’ailleurs. (différent du bail out où toute la communauté nationale prend en charge l’établissement financier déficient) Dans tous les cas ce sont les petits épargnants qui trinquent et aucun dirigeant n’a subi de prélèvement sur son patrimoine. Ces gens sont irresponsables de leurs actes!

Conflit d’intérêt, gestion opaque, clientélisme avec des intervenants du secteur de l’immobilier et des partis politiques, abondance de produits dérivés risqués sont les caractéristiques du secteur bancaire italien. Par exemple la ministre des réformes constitutionnelles, député du parti démocrate, siège par népotisme au conseil d’administration d’une des banques ayant fait l’objet d’un sauvetage en novembre dernier. A la commission européenne ou du coté du président du conseil ou au parlement italien, personne n’est choqué par l’évident conflit d’intérêt!!!

Les boursiers ne sont pas dupes des phrases rassurantes de Matteo Renzi ou de Mario Draghi ou de Pierre Moscovici. Conscients du marasme dans lequel se débat le secteur bancaire italien, la banque Unicrédit perd déjà depuis le 1er janvier 2016 28% de sa valeur et la 2e plus grande banque, Intersa Sanpaolo seulement 17% mais elle est déjà à un cour de junk bond… Pour consolider un secteur aux multiples petits intervenants l’Italie prend pour exemple notre Crédit Agricole…

Alors pauvres italiens, penserez-vous, un peu rigolards! Non, les investisseurs ne sont pas plus rassurés par le secteur bancaire français: Depuis le 1er janvier, le Crédit Agricole perd 18%, la Société Générale perd 19%, BNP Paribas perd 18%. Ce sera quand, la procédure de bail in pour une banque française?

Frédéric Le Quer