Les bandes font la loi

Par Lundi 22 juin 2015 Permalink 18

Régulièrement les faits divers relatent les conflits entre bandes, sous fond de trafic de drogue, émaillant la vie dans les cités. Toujours, ces quartiers ont de jolis noms qui fleurent une France des traditions et des campagnes avec un arrière goût allant du Moyen-Age au XIXe siècle. La Castellane, bien sûr, où le mot castel s’entend avec l’accent chantant de la langue occitane, mais aussi le Val Fourré où l’on imagine des coteaux remplis de bois, de haies, de broussailles et d’épines ou encore Franc-Moisin et Pavé Blanc…

Ces anciens lieux-dits occupés par des fermiers, des châtelains ou juste des arbres et des rivières, rattrapés par les grandes villes sont devenus des bidonvilles souvent avant d’être des cités. Dorénavant, tout ce qui est illégal y fait florès dans un environnement où la foi en l’islam est la condition nécessaire pour pouvoir faire son trou. Si les forces de l’ordre tentent une incursion, de plus en plus rarement et avec d’infinies précautions, elles se voient la cible des bandits forts de leur impunité, de  tous les ages bien que les médias les circonscrivent entre 18 et 25 ans! Quelle précision! Ce weekend encore des délinquants en deux roues écrasèrent à Meudon quatre policiers qui s’étaient par trop rapprochés de leur territoire.

La France se parsème d’enclaves dans lesquelles la république n’a pas sa place. Pendant que le parlement vote chaque jour des lois concernant la liberté d’expression ou les conducteurs sur les routes, manne fiscale apparemment inépuisable, le sol français se libanise. Les uns subissent toujours plus de répression pendant que les autres continuent leur implantation sur des espaces s’agrandissant et vivent en fonction de règles qui leur sont propres de moins en moins concernés par le pouvoir central.

La France est devenue un pays à géométrie variable. Selon que l’on soit riche ou puissant, bien sûr, la justice s’abat sur soi de manière inégalitaire. Mais maintenant selon l’endroit où l’on habite, les règlements divergent et ceux qui les fixent ne sont pas les mêmes. De quelle façon dans ces conditions un français peut-il être optimiste concernant l’avenir?

Frédéric Le Quer