Les âges du bronze

Par Samedi 11 juillet 2015 Permalink 7

Le bronze est d’abord un alliage de cuivre et d’étain. auquel du zinc, du plomb ou de l’antimoine peuvent être ajoutés.

Trois mille ans avant notre ère, en Egypte et en Mésopotamie, l’art du bronze commença à se développer mais atteint des sommets dans la Grèce antique et à Chypre nommée l’île du cuivre. De l’étain venant de Cornouille traversait la Gaulle pour fabriquer le bronze. Si pour les armes il fallait ajouter au cuivre un quart d’étain pour durcir la matière obtenue le plus possible et qui devenait grise, pour les bijoux et accessoires comme les peignes l’alliage contenait peu d’étain.

Au XVIe siècle avant notre ère, les bronziers chinois réalisent des objets d’un immense raffinement. Il est intéressant de constater le gout chinois pour des patines lustrées aux teintes noires alors que les occidentaux aiment ces patines de fouille de couleurs naturelles vertes et bleues.

L’art de la fonderie ne cessa pas de se perfectionner sous l’époque gallo-romaine; la décoration du cirque de Rome par exemple comptait 3000 statues en bronze! Si peu de choses sont connues sur cet activité au moyen-age, les cloches apparurent dès le Xe siècle. La Renaissance, la grande période du développement des arts en général, vit le bronze travaillé par des artistes complets, sculpteurs, médailleurs, peintres. Citons, Vinci, Michel-Ange, Ghiberti, Jean Bologne, Benvenuto Cellini ou les fameux ateliers de Verrochio, Pollaiolo, Donatello, Bertoldo.

Le bronze se pliant relativement aisément aux volontés des artistes se développe au cours du grand siècle dans l’ameublement sous l’influence d’André Charles Boulle et Charles Cressent. Doré, il devient indispensable en association avec des bois précieux et est le matériau idéal pour les objets décoratifs comme les cartels sans console directement accrochés au mur au début du XVIIIe siècle.

Le XIXe siècle voit l’apparition de la gélatine pour la confection des moules. Mais l’invention qui révolutionne le milieu est le « réducteur de Collas », un appareil qui permet la reproduction en petit format de n’importe quel modèle de statue. C’est la démocratisation de l’art pour une classe bourgeoise qui grossit, avec l’édition en série d’œuvres de Barye, Carpeaux, Dalou… Peut-être par réaction à cette quasi industrialisation qui voit parfois les œuvres dénaturées, de célèbres artistes vont travailler dans la plus étroite collaboration avec les bronziers. Citons par exemple les couples que forment Alexis Rudier et Rodin ou Hébrard et Bourdelle!

Que l’on parle de fonte au sable ou à la cire perdue, qu’ils s’agissent de fondeur d’ornement ou de fondeur d’art, les artisans bronziers effectuent depuis cinq mille ans des gestes semblables pour valoriser un savoir- faire bien transmis et ils laissent pour les générations futures longtemps la trace de leur travail.

Frédéric Le Quer