L’élection présidentielle

Par Mercredi 19 novembre 2014 Permalink 21

L’élection au suffrage universel direct du président de la république est en train d’être détournée par des primaires qui ont vocation petit à petit à se réduire au vote d’une assemblée de notable. Le pouvoir du peuple s’étiole en même temps que le lien qui l’unit au chef de l’état se distend.

« En vue de maintenir et d’affermir l’avenir de nos institutions (…) le Président de la République sera dorénavant élu au suffrage universel. » Ainsi parlait le général De Gaulle après l’indépendance de l’Algérie et l’attentat du Petit Clamart en 1962. Cinquante deux ans après les partis politiques détournent l’esprit de ce plébiscite pour redéfinir cette élection comme une lutte clanique à laquelle les français ne sont pas vraiment invités. Les décisions importantes le sont justement trop pour qu’elles soient soumises à l’aléa des urnes. Les voltes faces d’un peuple n’ont plus leur place dans le monde moderne où les choix décisifs venant d’en haut sont pris dans l’intérêt d’une minorité indifférente au sort de la base.

Apparaissent alors les primaires à l’intérieur d’un parti politique, méthode galvaudée venue d’Amérique, proposant aux gens un premier filtre entre plusieurs candidats. Le premier tour avait à l’origine cette utilité mais la nouvelle subtilité est qu’ainsi bien moins d’individus participent au vote rendant l’issue toujours moins indécise. En effet l’incertitude est l’ennemi du jeu politique, le danger d’une carrière, le péril du totalitarisme.

Le paroxysme de cette situation risque de se présenter très vite, dès la prochaine élection en 2017, si celle-ci n’est pas avancée. En effet, le prochain président sera quasiment élu sinon légalement mais au moins techniquement, lors des primaires de l’UMP. En postulant, que le PS, après sa calamiteuse présence aux affaires de l’état, n’a plus de chance de placer qui que ce soit en position de gagner,  en postulant aussi que Marine Le Pen, à coup sûr, sera au deuxième tour de l’élection présidentielle, mais qu’elle restera en deçà des 50% des suffrages, le futur président de la république sera désigné par les instances d’un parti politique dont le fonctionnement opaque est bien loin de garantir la liberté du choix des citoyens.

La démocratie est confisquée. Les médias à la solde de tous les pouvoirs s’en satisfont pleinement puisque la nouvelle procédure garantit un conservatisme des positions sociales et une dérive mondialiste accentuée profitant aux plus riches. Le peuple n’est plus qu’un faire-valoir servant opportunément à la légitimité des décisions politiques prises dorénavant à l’encontre de ses besoins et à l’avantage de la ploutocratie forcément captatrice du fonctionnement des institutions. Alors, prochainement sur nos écrans: élection, piège à con!

Frédéric Le Quer

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