L’économie mondiale aux abois

Par Vendredi 8 avril 2016 Permalink 1

L’économie mondiale ne se porte pas bien. L’OMC abaisse hier encore pour la énième fois sa prévision de croissance mondiale pour cette année. En Allemagne, mercredi, le tassement de la production industriel donne « une preuve supplémentaire que la colonne vertébrale de l’économie allemande s’est affaiblie ». Outre Atlantique, les « minutes de la Fed » montrent que la hausse des taux de décembre était un one shot et que les conditions sont loin d’être remplies pour continuer! Les statistiques américaines ne sont pas encourageantes, c’est le moins qu’on puisse dire!

L’absence d’inflation est l’équivalent d’un coup de Stabilo fluo sur le monde économique en crise! C’est l’écume de la catastrophe à venir. La France vient d’emprunter sur 10 ans à 0,43%, c’est du jamais vu et les investisseurs ne savent plus quoi faire pour ne pas perdre leur argent. Pendant ce temps les banques et les assurances s’effondrent en bourse. Les forces déflationnistes énormes, ne se révèlent pas que dans le prix des matières premières. Par exemple, les nombreuses fusions acquisitions actuelles entre les grandes entreprises privées entraînent des licenciements et des baisses des coûts; ce n’est pas comme ça que l’inflation reviendra!  (A noter à ce propos que le ministre de l’économie français, Emmanuel Macron, l’idole des médias, a raté les deux grands deals franco-français où l’état était partie prenante, Renault et Orange. On comprend mieux pourquoi il ne travaille plus à la banque Rothschild et pourquoi il est à Bercy où l’efficacité n’est pas une condition sine qua non pour rester!) Certains luttent pourtant avec acharnement contre la déflation salariale; Carlos Tavarès chez Peugeot gagne 5,24 millions d’euros en 2015 et les dirigeants de Volkswagen refusent catégoriquement toute diminution de leur bonus malgré la crise sévissant dans l’entreprise!!!

La crise politique européenne qui arrive à grand pas n’arrangera pas les choses. Les Pays Bas viennent sur un référendum concernant l’accord entre l’UE et l’Ukraine, de voter non. Ils ne répondaient évidemment pas à la question mais rejetaient dans les urnes l’Europe en construction et son pendant l’invasion migratoire sur un territoire en pleine crise économique. Le Royaume Uni vote lui aussi bientôt et la question est claire. Le dernier sondage en date donne 43% des britanniques en faveur du brexit contre 39% pour rester dans l’union. Ajoutons la Grèce et les bruits sur un défaut sur sa dette cet été et on comprend que les mois à venir seront particulièrement difficiles. La zone € va avoir du mal à rester telle qu’elle est actuellement.

Dans un ciel déjà nuageux, les gros cumulus s’amoncellent encore dans l’économie mondiale. Les banquiers centraux qui maintiennent encore une certaine stabilité (ce ne sont pas des imbéciles mais ils ne peuvent que retarder l’échéance) vont-ils pouvoir continuer à faire jouer l’orchestre longtemps avant que tout ne sombre? C’est probablement maintenant une question de mois.

Frédéric Le Quer