L’économie française et la méduse morte

Par Vendredi 25 août 2017 Permalink 1

Qui n’a jamais vu une méduse sur le sable au bord de l’eau? C’est flasque, gélatineux, un peu transparent, gras, épais. Cette sorte de plante-animal est morte mais à chaque vague, on la voit bouger. Elle est ballottée par les remous de la mer. Le badaud regarde sans trop s’en approcher, pas très rassuré, puis s’en éloigne; elle peut être urticante. Et bien songez à l’économie française! Comme la méduse de la plage, notre pays est ballotté par la globalisation. Comme mort, il est incapable de s’affirmer et subit les remous de la superstructure économique. Un léger mieux au niveau mondial et le voilà qui voit s’améliorer légèrement des indices un peu farfelus comme le climat des affaires. Quelques chefs d’entreprises y trouvent leur compte et le font savoir. Certains, payés pour ça, prennent le relais et annoncent à la moindre occasion un retour à meilleure fortune. Mais notre économie moribonde ne dépend pas d’elle, se plie a minima à la conjoncture internationale sans jamais la transcender, elle suit à tâtons ce qui se passe ailleurs, avec du retard à l’allumage!

« ça repart! » combien de fois l’avons nous entendu depuis trois mois? Cent fois au moins… « ça repart! », « on n’a jamais eu autant de touristes étrangers! », « les indicateurs avancés n’ont jamais été aussi sensationnels! » Et d’entendre l’interview de patrons qui embauchent. Et d’évoquer tous ces jeunes qui créent leur entreprise. Et de conspuer les Cassandre qui se moquent de cette propagande. Mais un jour, parions que ce jour n’arrivera bientôt plus, mais un jour donc, encore pour quelques temps, l’INSEE publie le chiffre du chômage. Et de s’apercevoir qu’il augmente sur un mois, qu’il augmente sur trois mois, qu’il augmente depuis le premier janvier, qu’il augmente depuis un an! Bref, c’est une catastrophe Thérèse comme on dit dans « Le père Noel est une ordure »!

Donc de plus en plus de français recherchent du boulot bien que l’économie mondiale semble aller un petit peu mieux pour quelques temps. Les seuls emplois créés sont des boulots de serveurs. Plus de tourneur, plus de fraiseur, plus de chaudronnier, plus de contremaître, plus d’ingénieur! On ne fabrique plus rien sinon des larbins! Tout est reconverti dans le tourisme. Et en même temps nos gosses vont à l’école jusqu’à vingt cinq ans!

L’économie française déconne complètement et il est interdit de remettre en cause quoique ce soit. On va faire payer à la rentrée moins d’impôts aux riches et plus aux pauvres pour qu’ils se partagent entre eux les miettes. C’est abject.

Frédéric Le Quer