L’école de Barbizon

Par Samedi 18 octobre 2014 Permalink 22

Entre 1830 et 1850 un groupe de peintres s’installèrent à Barbizon, petit village près de Fontainebleau, pour renouveler à la suite de Camille Corot l’art du paysage en se mettant en rupture avec le romantisme pourtant (peut-être parce que!) plébiscité par la clientèle bourgeoise.

Si le XVIIIe siècle traite la nature en terme de décor, les peintres de Barbizon s’appliquent scrupuleusement et audacieusement à relever les formes, les couleurs, les lumières des sous-bois pour faire de la flore, de la faune, des minéraux les objets principaux de leur travail. Les paysagistes hollandais du siècle d’or exercent une grande influence sur leur peinture. Le paysage est alors un véritable acteur. En cherchant la vérité et l’exactitude dans un lieu déterminé, c’est sa grâce naturelle qui est mise en lumière. Les tons verts et jaunes sont dans la palette de ces artistes souvent magnifiques. Si les croquis sont faits sur place, le tableau est peint à l’atelier de touches libres avec des couleurs superposées.

Ce sont des peintres considérables qui peuvent être cités lorsqu’on parle de l’école de Barbizon. Jean-François Millet et Camille Corot y voisinent avec Jules Dupré, Charles Daubigny, Constant Troyon, Narcisse Virgile Diaz de la Pena. Tous font des séjours intermittents. Théodore Rousseau s’installe carrément. Mais beaucoup d’autres, peu concernés par le paysage, font le voyage pour débattre de théories d’avant-garde dans l’auberge du père Ganne. Les innovations du mouvement marquèrent profondément les contemporains bien qu’il fut par la suite oublié.

C’est une espèce d’inventaire de la nature à une période charnière du début de l’ère industrielle que propose l’école de Barbizon. Une façon de prendre date! Précédant immédiatement l’impressionnisme,  elle le prépare en s’attachant aussi à la subtilité changeante des lumières.

Frédéric Le Quer

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