Le trompe-l’œil

Par Dimanche 22 novembre 2015 Permalink 5

Le trompe-l’œil est l’art de présenter des objets par des techniques comme la peinture ou la céramique de manière à ce qu’ils paraissent exister réellement.

En peinture c’est un dérivé de la nature morte. L’intérêt de ce genre artistique a par le passé souvent été minoré malgré la virtuosité qu’il demande. Tout a commencé, d’après Pline, en Grèce au Ve siècle avant J.C. lorsque deux peintres ont rivalisé d’adresse en montrant l’un, un tableau décrivant une grappe de raisin si réaliste que les oiseaux cherchaient à y picorer, l’autre, un simple rideau qu’il demanda d’ouvrir mais qui n’était en fait qu’un leurre et le tableau lui-même. Si certaines fresques  des grands maîtres de la renaissance italienne sont souvent des trompe-l’œil, le genre prend son ampleur au XVIIe siècle avec les peintres de la réforme en Hollande, en Flandres ou en Allemagne.

Aux enchères, ces tableaux trouvent pratiquement toujours preneurs.Citons deux enchères remarquables : Ci-dessous, une huile sur toile de Johannes Leemans (1679-1688) 94×123 cm vendue à Bruxelles par la SVV Pierre Bergé le 31 mai 2011 50 000 €.SAM_0890Et ci-dessous en 2010 à Neuilly par la SVV Aguttes de Cornelis Nobertus Gysbrechts (1630-1675) le spécialiste de ce genre le plus fécond du siècle avec cette huile sur toile de 148 x 110 cm vendue 52 585 €.SAM_0891Cette art, au XXe siècle avec René Magritte (1898-1967), peintre métaphysique s’il en est, met en évidence la distorsion entre l’objet et la représentation de l’objet. La matérialité de la porte ci-dessous est en elle-même un trompe-l’œil  mais l’artiste joue en plus avec le réalité et la fiction, le naturel et l’artificiel. Cette gouache sur papier (24 x 19 cm) fut vendu chez Pierre Bergé SVV, le 12 décembre 2013, 720 351 €!SAM_0894Le trompe-l’œil ne s’arrête pas à la peinture. De nombreux centres à la suite de Bernard Palissy (1510-1590),  protestant lui aussi, fabriquent au XIXe siècle des plats étonnants où se côtoient en relief des reptiles, des écrevisses, des poissons des algues ou des insectes. Ci dessous, des Grandes Tuileries de Roumazières (Charente), par Alfred Renoleau de la manufacture Polakowski & cie, un bassin en terre cuite animé de deux salamandres, trois serpents, une grenouille, une libellule et deux coquillages dans la végétation 9 x 66 x 48,5 cm s’est vendu chez Thierry De maigret le 11 décembre 2013 5000 € + les frais, soit environ 6 300 €.SAM_0896 Autre exemple dans un genre différent, ci-dessous, avec ce pouf en céramique polychrome en forme de deux coussins 25 x 58 x 50 cm vendu à Drouot chez Ferri SVV le 10 avril 2013, 626 €.SAM_0898Frédéric Le Quer

PS: l’image en une est un plat à dessert en trompe-l’œil, vendu avec dix assiettes du même décor, représentant des bambous avec une toile d’araignée, signé E. Margerie et au dos Pierre Bastard Paris, pour la somme de 38€, le 26 mai 2010 chez Piasa SVV.