Le transhumanisme

Par Samedi 7 mai 2016 Permalink 3

Le transhumanisme est cette idéologie née il y a une trentaine d’années en Californie, qui propose d’augmenter les capacités des êtres humains grâce à la science. C’est dorénavant bien plus qu’une idéologie, c’est l’autre nom donné aux nouvelles technologies. Des groupes comme ST Micro  s’y consacrent en Isère.

Le transhumanisme fut longtemps cantonné aux think tank ou aux congrès scientifiques et réservé à une élite intellectuelle dans des laboratoires interdits au public. Il tente dorénavant de se transformer en force politique un peu partout dans le monde, Allemagne, Angleterre, Inde, Corée et même avec un candidat aux présidentielles américaines, Zoltan Istvan. La France est en retard dans cette mutation mais essaie de le rattraper avec par exemple un grand débat, il y a deux mois à Paris, sur le sujet.

L’ambition de la discipline est de se démocratiser, du moins apparemment, pour se banaliser. Elle met en avant les réparations d’organes défectueux chez les gens comme la rétine artificielle, par exemple, afin que personne ne puisse s’insurger contre ce type de recherche. Mais de la réparation à la tentative de décuplement des capacités physique ou psychique, il n’y a qu’un pas, allègrement franchi en toute discrétion. De l’implant posé pour éviter les tremblements chez un individu atteint de la maladie de Parkinson à la prise de commande d’un cerveau humain, la limite est vite franchie. Les jeux vidéo permettant de diriger la machine avec son cerveau ont un coté ludique enthousiasmant bien que les  chercheurs pensent que le langage régressera dans les 20 prochaines années à cause de cette possibilité qui sera étendue à d’autres aspects de la vie. Mais quand le sens cerveau humain vers machine est possible, à l’inverse, le sens machine prenant le contrôle du cerveau humain viendra inéluctablement. Et puis il y a aussi le domaine de la génétique où il s’agit de modifier certaines fonctions corporelles.

Pour obtenir l’utopique et médiatique mort de la mort, on passera d’abord par l’étape très concrète, elle, où tout le monde aura un implant qui surveillera notre bien être, notre sécurité, notre santé. A ce moment l’évidence sautera aux yeux: l’individu sera dirigé par des robots.

Frédéric Le Quer