Le service public s’illustre

Par Vendredi 24 avril 2015 Permalink 15

Le traitement de l’information par le service public concernant les attentats projetés dans des églises par des islamistes est consternant. Si deux axes d’analyse  ont été essayés hier, aucun n’est vraiment sérieux; bien sur leur raison d’être majeure est de dédouaner l’islam, quitte à faire preuve de malhonnêteté intellectuelle ou de profonde stupidité.

L’angle pris pour relater cette affaire par la radio France Culture dans son journal de la mi-journée est le point de vue rebelle du journaliste à qui on ne la fait pas! Le conditionnel est le temps employé pour conjuguer chaque verbe. L’idée est de douter de la véracité d’une information qui n’existerait que pour forcer la main aux députés indécis concernant le projet de loi sur la sécurité. Cette menace d’attentat contre les lieux de culte devient une sombre histoire montée en épingle par une cellule de Matignon. Vues les similitudes d’opinions entre l’UMP et le PS, le citoyen pourrait se demander pourquoi se donner tant de mal… Mais la cohérence n’est pas le propos quand la question est avant tout de dédouaner l’islam quel que soit la culpabilité de certains de ses croyants.

La télévision grande adepte du débat composé d’un animateur et de quatre personnes, triées sur le volet pour être bien certain qu’elles penseront toutes la même chose, a proposé à l’auditeur, même plus médusé tant ce médium a l’habitude de chercher à lui faire prendre des vessies pour des lanternes, deux interprétations qui en fait se recoupent. L’une sociologique compare les djihadistes actuels aux toxicomanes. Dans une autre époque, donc, au lieu de mettre des bombes ou tirer dans la foule, ils se seraient drogués. La conclusion devient lumineuse: il faut bien que jeunesse se passe! (débat de Public Sénat) La deuxième met en exergue la crise de l’adolescence et des parents dépassés, comme n’importe quel parent bien-sur, par les dérives de leurs enfants. Le but est ici de banaliser le terrorisme, d’en faire un simple passage vers l’age adulte, afin de ne pas à avoir à stigmatiser une religion. Et tant pis pour l’age des tueurs qui ne sont plus des ados depuis longtemps! (débat France 5)

Ainsi vont la pensée unique et le bourrage de crane… Le service public omet ou triture les faits pour qu’ils correspondent à ce qu’on veut faire entendre. En France,  l’islam est la nouvelle religion. Les exactions commises en son nom sont donc réinterprétées pour ne pas voir son essor ralenti et risquer un conflit entre communautés. Et tant pis pour l’hégémonisme et l’intolérance! On traitera ces problèmes une autre fois ou plutôt jamais!

Frédéric Le Quer