Le Royaume Uni affaibli par Theresa May

Par Vendredi 9 juin 2017 Permalink 1

326 sièges étaient requis pour obtenir la majorité absolue au parlement britannique. Personne ne les obtient mais les conservateurs en sont très proches, probablement 315 sièges. Le plus inattendu est l’augmentation significative des députés travaillistes avec 261 sièges soit 31 de plus. Pour le moment Theresa May reste premier ministre du Royaume Uni dans l’attente de composer un nouveau gouvernement probablement avec un petit parti protestant d’Irlande qui a obtenu 10 sièges au parlement. Il est peu probable que se forme une majorité hétéroclite soutenant Jeremy Corbyn dont l’aspect essentiel serait un front anti tory. Il n’en demeure pas moins que Theresa May sort très affaiblie sur la scène intérieure et sur la scène européenne de ces curieuses élections anticipées qui font penser à celle provoquées par Jacques Chirac en 1997! Le risque d’instabilité politique fait d’ailleurs chuter la £ face à € et au $.

Pour l’Union Européenne ce scrutin est à la fois une bonne et une mauvaise chose. D’abord si l’organisation supranationale espérait voir l’Ecosse se séparer un jour du Royaume Uni pour venir la rejoindre, c’est définitivement une hypothèse à oublier. Les deux leaders indépendantistes ont perdu leurs sièges et leur parti en perd 19! Par ailleurs le brexit que Theresa May espérait mener à la hussarde est compromis puisqu’elle aura contre elle à la fois des députés de son parti et tous les députés travaillistes. Elle va devoir mettre de l’eau dans son vin! Sans mandat fort les questions d’argent peuvent tourner à l’avantage de l’UE. Theresa May se découvre 2 adversaires: D’abord les probrexit avec Nigel Farage prêt à reprendre du service et qui accuse déjà le premier ministre d’avoir mis la sortie du RU en danger, ensuite les anti brexit qui au lieu d’un brexit dur réclame maintenant un brexit soft genre oui pour le marché unique, mais non pour plus de coopération, bref un arrangement très british.

Le chaos politique qui règne dorénavant outre Manche, devrait quoique Bruxelles en dise, favoriser l’UE. Elle avait hier contre elle un front uni. Elle a aujourd’hui une mosaïque d’intérêts contradictoires avec lesquelles elle va pouvoir jouer si Michel Barnier qui avec son équipe négocie pour son compte, se révèle être un nouveau Talleyrand!

Frédéric Le Quer