Le régionalisme comme bouée de sauvetage

Par Vendredi 6 octobre 2017 Permalink 3

Alors que l’identité nationale tombe en capilotade, le régionalisme tente de redresser la barre. L’état central a abandonné, rejeté même ces particularismes qui autorisaient cet orgueil rendant un peuple fier. L’orgueil n’est pas un gros mot. Il est la condition d’une confiance en soi, d’une existence paisible, de la capacité de parler d’égal à égal avec les autres. L’état a donc fustigé ce sentiment collectif de former un peuple uni sous prétexte qu’il s’agissait d’exclure ceux qui n’en était pas. On se souvient du fameux « le nationalisme, c’est la guerre » de Mitterrand qui en effet dans sa jeunesse avait eu tôt fait de se vendre aux allemands! Non, le nationalisme n’est pas la guerre. Les britanniques l’ont bien compris. Le nationalisme est la condition pour se sentir uni dans un pays où les gens sont d’origine diverse. Les gallois ne sont pas des anglais. Un chtimi n’est pas un basque. Mais la nation française les rend solidaires, semblables, frères.

Alors quand la nation a oublié son devoir, des structures plus petites doivent prendre la relève. La région devient le vecteur nécessaire pour se sentir de quelque part. La région peut devenir l’endroit où on peut vivre entre soi, avec des traditions communes, une langue commune. Elle devient la solution pour se sentir chez soi.

L’excès de globalisation est en train de faire éclater l’Europe en mille morceaux et les dirigeants bruxellois l’ont bien compris. Les milieux d’affaire aussi. Il s’agit donc de réprimer les volontés de faire sécession. Aujourd’hui c’est la Catalogne. Demain au tour des corses, des flamands, des vénitiens et ainsi de suite. La nation correspondait à un juste milieu entre un cloisonnement trop étroit et les vastes étendues vers lesquelles des instances supérieures tentent d’emmener les individus. Cette nouvelle échelle pour penser la politique au sens large ne correspond à rien et crée des résistances catégoriques.

On s’aperçoit actuellement que la mondialisation c’est la guerre.

Frédéric Le Quer