Le référendum de Renzi

Par Dimanche 30 octobre 2016 Permalink 3

Le référendum de Renzi aura lieu dans cinq semaines exactement. Les italiens devront approuver la modification de la constitution cherchant à promouvoir plus de stabilité politique. En janvier dernier, il avait été annoncé pour le mois d’octobre mais il a été reculé pour d’obscures raisons. En réalité trois arguments plaidaient pour ce report. Premièrement, les sondages concernant cette modification constitutionnelle étaient mauvais. Deuxièmement, le Brexit montrait que les peuples européens voulaient tout chambouler en dépit de la propagande. Troisièmement, l’élection éventuelle d’Hillary Clinton à la maison blanche donnait l’espoir d’inverser un sentiment dorénavant à l’échelle mondiale exigeant de sortir les sortants non pas pour rien mais pour changer de politique.

Cette volonté de davantage de stabilité au régime des partis italien vient du fait qu’une véritable alternance est désormais envisageable. L’échec des quatre tentatives précédentes dont la dernière en 2006 par référendum, pour faire évoluer la constitution aurait dû calmer Matteo Renzi. Pourtant il fonce car ses adversaires politiques ne sont plus des frères ennemis mais des ennemis tout court: D’horribles populistes plutôt anti européens sont aux portes du pouvoir. S’ils peuvent être bloqués grâce à un changement des règles, c’est maintenant.

Hélas, le pauvre président du conseil, malgré sa campagne faussement eurosceptique, histoire d’être dans l’air du temps quitte à mentir, a des sondages toujours aussi défavorables! Du coup sa promesse d’abandonner la vie politique en cas d’échec est aux oubliettes et il jure de rester mordicus jusqu’à l’échéance de son mandat. Souvent politicien varie, bien fol qui s’y fie!

Hélas, le Brexit n’est pas une catastrophe économique pour les britanniques, au contraire! Leur croissance fait mourir d’envie les italiens ou les français. Malgré Tony Blair qui veut revenir sur la sortie de la Grande Bretagne de l’UE, ses concitoyens sont plus favorables que jamais à l’idée de partir.

Hélas, même si Hillary Clinton remporte les élections américaines comme il est probable, sa victoire est si entachée par des magouilles de toutes sortes et l’abstention risque d’être si importante, que sa présence aux affaires ne cassera pas la vague de démondialisation qui ne cesse de grossir dans l’opinion publique américaine.

Toutes les petites mesquineries et tergiversations de Matteo Renzi risquent donc lui revenir en pleine tête. A peine quatre points d’écart en faveur du non ne représente cependant pas grand chose bien qu’on puisse penser que la différence est plus grande compte tenu des mensonges récurrents des instituts de sondage. Alors, le tiroir caisse est ouvert en grand avec l’aval de Bruxelles, pour graisser la patte d’abstentionnistes de tout poil qui, s’ils viennent voter, feront la différence.

Frédéric Le Quer