Le Portugal entre misère et loterie

Par Vendredi 27 mars 2015 Permalink 27

Les gouvernements européens se doivent d’être particulièrement imaginatifs, par ces temps de vaches maigres pour leurs concitoyens. Les dirigeants du Portugal, englués dans leurs scandales de corruption et de malversation ont la fibre néanmoins sociale!  Tout est prétexte à loterie de toute sorte pour donner l’espoir à quelques veinards dans la débine.

Avec une dette publique de 130,2% du PIB, qui s’accroît chaque année, le Portugal a des allures de Grèce. L’effondrement en 2014 du groupe Esperito Santo, troisième groupe financier portugais et deuxième groupe privé du pays montre l’instabilité du système financier. L’immoralité de sa classe patronale et politique est de plus en plus dénoncée avec par exemple un premier ministre Pedro Passos Coelho qui est accusé de na pas avoir payé ses cotisations sociales pendant 5 ans et de systématiquement prendre du retard pour le règlement de ses impôts. Les impôts d’ailleurs rentrent de partout bien mal et une TVA à 23% n’arrange pas les choses et aboutit surtout à voir se multiplier les paiements en liquide. Le chômage inquiétant poussant à nouveau les portugais à l’émigration, des salaires de misère avec des diplômés à qui on propose des postes à 2€ de l’heure complètent un tableau bien peu réjouissant. Tout ça n’a évidemment pas empêché le gouvernement de s’auto-congratuler hier faisant preuve d’un optimisme à toute épreuve pour l’avenir.

Donc le Portugal est comme la Grèce sur le chemin de la faillite.  Bien que les portugais exécutent les ordres de Bruxelles le petit doigt sur la couture du pantalon, ils n’en sont pas moins toujours vilipendés pour des déséquilibres macro-économiques excessifs. Consolidation budgétaire et réformes structurelles ne font pas bon ménage avec les élections à venir avant la fin de l’année. Alors l’ingénieux gouvernement a décidé d’une grande tombola par semaine consistant au tirage au sort des tickets de caisse avec le numéro d’identité fiscale. Plus on consomme, plus on a de chances de gagner. Mais attention, il faut consommer TTC, le jeu est fait pour…

Ainsi va l’Europe libérale entre loterie et appauvrissement des populations… Quand le mérite personnel n’est plus la condition d’une vie meilleure, quand la chance au loto devient une vertu cardinale, ce n’est plus de démocratie européenne dont il est question mais de nouvelle féodalité qui s’installe.

Frédéric Le Quer