Le personnel politique soutient la Grèce

Par Dimanche 21 juin 2015 Permalink 18

Quelque chose de toute première importance (!) s’est déroulée hier dans le milieu politique français: le Parti Socialiste a solennellement donné son soutien à la Grèce! L’émotion est alors à son comble, le citoyen hélène est en larme, Renzi peste, Schauble appelle son homologue Sapin. Ce dernier paralysé aussi mais lui par la peur, imaginant déjà l’apocalypse supplie le ministre allemand de bien vouloir aider les grecs: « Pitié! Wolfgang! Il en va de la réélection de notre bien aimé François! ».

Le psychodrame grec est vu par l’ensemble de la classe politique en France de manière particulièrement curieuse. De gauche à droite, tous font preuve de la plus grande compréhension, compassion, même, et implore l’Union Européenne d’accepter un compromis quel qu’il soit. Les grecs ont raison parce qu’ils sont faibles est ce qui transparaît de leurs prises de position. Evidemment s’ils voulaient bien raisonner face à leurs concitoyens, les choses ne seraient pas si simples. Mais la question pour le PS comme pour les Républicains est ailleurs.

Que les grecs aient menti constamment depuis la création de l’euro, qu’ils se soient servis de l’UE pour s’octroyer des avantages indus, que la corruption soit dans ce pays sans état une norme, tout ça n’a aucune importance pour nos hommes politiques, pour nos médias, alors que partout ailleurs sur le continent ces sujets sont traités à longueur de temps. Mais ici le référendum de 2005 sur la constitution européenne a laissé des traces. Le déni de démocratie qui en est résulté, oblige les hommes politiques à se montrer plus eurolâtres que personne comme pour prouver aux citoyens que les élites avaient eu raison contre la démocratie. Pour ce faire l’inéluctabilité d’une construction présentée comme un couronnement devient absolument nécessaire pour éviter l’inculpation morale de haute trahison envers le peuple. La carrière et la crédibilité de notre personnel politique dépend de l’apparente irréversibilité de l’Union Européenne.

Ce n’est absolument pas pour eux une question d’argent. Leur vision à très court terme les rend complètement imperméables aux dettes astronomiques laissées aux générations futures. Il ne s’agit pas non plus des intérêts des grecs dont à peu près tout le monde se fout en réalité. Il faut dorénavant faire comme si rien ne bougera jamais à l’avenir. L’UE est l’outil indispensable pour nous entraîner vers toujours plus de mondialisation qui profite aux dirigeants politiques dont la baisse de pouvoir est largement compensée par leur enrichissement. Cette voie choisie par les partis passe par l’Europe unie et sa monnaie de gré ou de force en faisant croire au pire si un autre chemin était pris.

Frédéric Le Quer