Le parti unique

Par Mercredi 10 mai 2017 Permalink 4

La « République en marche » aura bientôt le monopole de la vie politique. Évidemment les apparences vont rester sauves: rien sur le plan légal ou constitutionnel; juste une situation de fait. Un parti unique, la ploutocratie en a rêvé, les citoyens lui offrent sur un plateau!

Des Républicains aux socialistes, tous se rallient au panache blanc d’Emmanuel Macron. Ceux qui gardent quelques pudeurs, affichent non pas des idées divergentes mais sont réservés sur le timing. Ils préféreraient que l’union se fasse après les législatives qu’avant… Ils semblent tenir à embrouiller les électeurs jusqu’au bout. Mais incontestablement, la France se dirige vers une vie politique monopolistique entraînée par des
médias influençant l’opinion publique de plus en plus ouvertement. Hors Macron, point de salut! Hors la République en marche, pas d’avenir. Pour le Bild en Allemagne, notre nouveau président est la dernière chance pour la France… Rien que ça!

Ce qui arrive a des relents de boulangisme: tout le monde recommande l’homme providentiel, des bonapartistes aux républicains en passant par les monarchistes!!! A notre époque, il s’agit d’une collusion évidente d’Emmanuel Macron avec les milieux d’affaire mais parallèlement la gauche vient en masse se joindre au mouvement. L’européisme a remplacé le nationalisme. L’espoir renaît dans les rangs fédéralistes. On assiste aussi à une sorte de socialisme dévoyé. Ses membres pervertissent leur propre parti sous prétexte d’Europe unifiée et plus trivialement pour garder leurs places! Quand à la droite, c’est au premier qui baissera sa culotte.

Il faut néanmoins pour l’illusion conserver quelques concurrents au parti unique. Rien de bien méchant, de ceux qui ne remporteront jamais rien parce qu’ils font peur. Alors d’un coté, on a les Le Pen, mais là il ne faudrait pas que Marine quitte le navire car elle constitue l’épouvantail nécessaire pour faire du souverainisme une bête immonde. Un autre pourrait en faire une vraie force d’opposition. De l’autre, on a Mélenchon qui effraie tant le bourgeois que son accession au pouvoir est impossible.

Alors que Bayrou se défend déjà de l’instauration d’un parti unique, il faut bien sûr comprendre le contraire. Encore une fois le livre d’Orwell s’illustre dans la vraie vie. Après que nous nous soyons créés des ennemis extérieures aux frontières de l’occident, à l’intérieur, un parti unique relaiera pour les années à venir la pensée unique.

Frédéric Le Quer