Le medef se rassemble

Par Mardi 29 août 2017 Permalink 10

Les universités du medef débutent aujourd’hui. Le président Macron élu grâce au mouvement des entreprises de France ne viendra pas. Ni le premier ministre, dont personne ne connait encore le nom, ni la ministre du travail dont on connait un peu le nom, Pénicaud, à cause de son enrichissement dû aux suppressions d’emplois chez Danone, ne viendront non plus. Il reste néanmoins une cohorte de douze ministres, seconds couteaux, qui fera le déplacement.

Nous n’aurons donc pas droit aux grandes déclarations d’amour d’un Ayrault ou d’un Valls envers les entrepreneurs. Pas besoin. Les actes en disent assez long. La grande loi Travail est sur le point d’être connue. Gattaz aidé par les think tank ultralibéraux omniprésents médiatiquement jette ses dernières forces dans la bataille. Tous ces gens n’ont plu qu’un mot à la bouche: DE-RE-GU-LA-TION! Et si ce n’est pas assez clair, le président du medef rappelle: « La réforme du code du travail doit aller loin… Comme prévu! ». Reconnaissons à Emmanuel Macron qu’il n’a pas caché ses intentions. De là à dire qu’il a été élu pour ça, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas puisqu’à notre avis, il est à l’Elysée en désespoir de cause. Mais peu importe, il n’y a que le résultat qui compte pour l’instant et ce qui compte pour le medef, c’est de « rapprocher » les salariés des patrons en sautant par dessus les négociations par branches professionnelles. Les employés, qu’ils soient cent, mille ou dix mille auront une voix et les patrons qu’ils soient seul ou avec un ou deux associés auront une voix aussi. Cela n’est pas sans rappeler les états généraux en 1789: noblesse, clergé, tiers états, une voix par groupe quelque soit le nombre de personnes représentées… Les baisés comptez-vous!

Les plus faibles n’ont donc pas fini de souffrir. Admettons, le marquis de Sade est à la mode! Mais est-ce que cette réforme aura un impact économique positif? La modérée CFE-CGC clame que non à qui veut l’entendre et il faut craindre avec elle que l’enrichissement des plus riches qui sera la conséquence de la loi, ne bénéficie guère aux autres. Preuve à l’appui? Oui, les anglais écœurés ont voté le brexit et les américains ont voté Trump. Les anglo-saxons en ont raz-le-bol de la théorie du ruissellement! Et c’est maintenant que nous nous y lançons.

Frédéric Le Quer