Le marché boursier

Par Samedi 26 septembre 2015 Permalink 21

Le marché boursier est dans les montagnes russes. Plus personne ne sait s’il commande à la Fed ou si celle-ci au contraire dicte encore sa politique. Mais des revirements ne cessent de se produire et les grands coups de balanciers à la hausse ou à la baisse, en sachant que la baisse l’emporte, révèlent la complète absence de maîtrise sur un système craint à la limite de l’effondrement.

Quand Janet Yellen renonce à augmenter les taux, les marchés devraient y voir une continuation de l’afflux de liquidité et reflater les actifs. Il faut bien faire quelque chose de tout cet argent gratuit. Au contraire, il s’affole, baisse fortement sans toutefois s’effondrer, jusqu’à mettre la pression sur la Fed pour qu’elle annonce avant hier qu’elle remontera bien les taux d’ici la fin de l’année et supprimera donc de la liquidité. Le marché n’est pas masochiste, mais pas plus que la banque centrale américaine, il n’a la moindre idée de l’état réel de l’économie mondiale dont l’appréhension est d’ailleurs impossible tant la complexité est grande. Il compte sur les grands argentiers pour le lui dire et quand ceux-ci laissent entendre que rien n’est possible parce que rien ne s’arrange dans cette industrie financière où toutes les classes d’actifs et tous les pays sont devenus systémiques, alors les investisseurs vendent pour du cash. Si la Fed fait par opposition entendre que l’économie mondiale supportera la hausse des taux, qu’elle est pour bientôt, alors les marchés sont contents et remontent, ravis d’entendre que l’effondrement économique mondial n’est pas pour demain. Car c’est bien de cela qu’il s’agit: un effondrement à l’échelle planétaire.

La bourse servait avant à éclairer mais comme aujourd’hui elle est partie prenante dans l’économie d’un pays, elle a toute seule la capacité à déclencher une crise; mieux vaut la caresser dans le sens du poil. Mais, de fait, toutes les parties comptent sur l’autre pour les aider à comprendre. Le yoyo va continuer jusqu’au krach boursier car il est probable qu’actuellement les acteurs terrifiés par ce qu’ils subodorent préfèrent ne rien voir jusqu’à ce que les premiers s’y décident. On a l’impression quand même qu’ils ont commencé à liquider.

Frédéric Le Quer