Le libéral socialisme

Par Mercredi 5 août 2015 Permalink 25

Le politiquement correct est une affaire de libéralisme mâtiné d’un socialisme Canada Dry. Son réalisme est jugé à l’aulne de son respect envers les marchés financiers, envers l’argent, envers la mondialisation, envers les flux migratoires regardés  avec bienveillance.

Ce réalisme implique la continuation de l’enrichissement de quelques uns au détriment des autres. La fameuse théorie du ruissellement laissant croire que toujours plus d’argent aux plus fortunés profite aux plus pauvres est une magnifique trouvaille justifiant tous les accaparements actuels. Les autres sont ceux à qui il est demandé un important effort de solidarité afin d’élargir le plus possible une classe moyenne paupérisée sans pour autant toucher à la classe supérieure rassemblant un nombre de plus en plus restreint d’individus, les profits de celle-ci dépendant de l’importance de la masse des consommateurs. Cette redistribution peut alors paraître faussement comme une politique socialiste en imposant la fraternité et l’égalitarisme au peuple mais en se gardant bien de remettre en question l’oligarchie.  Elle devient une kleptocratie de façon sournoise en prônant un partage qu’elle se refuse pour elle-même. Les élites se cooptent et assurent leur perpétuation par le népotisme.

Sans contredit possible, ce libéral socialisme devient l’arbitre des élégances. Il décide, comme n’importe quel régime autoritaire avant lui, ce qui est de bon ton de penser et jette l’anathème sur toutes les réactions déviantes risquant de lézarder son pouvoir. La contradiction n’est plus tolérée quand elle propose une autre politique, non pas la contradiction qui touche au curseur du partage entre les mêmes, il faut bien artificiellement faire  vivre une polémique entre deux partis semblant être antagonistes mais se ressemblant comme deux gouttes d’eau, mais celle consistant à opter catégoriquement pour d’autres options comme le protectionnisme, la souveraineté nationale, la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes. Au lieu de voir naître un vrai débat,  les opinions vraiment divergeantes sont soit ridiculisées, soit ignorées.

Ces dérives s’appuient sur un cercle de gens bien payés pour venir effrontément mentir dans les médias pour inculquer de force une parole qu’ils auto définissent comme la seule respectable en rejetant cyniquement toutes les autres. Le libéral socialisme se conduit alors comme un extrémisme, un despotisme, et ses thèses en se radicalisant entraînent un déficit de démocratie qui n’a rien à envier aux totalitarismes qui l’ont précédé dans l’histoire.

Frédéric Le Quer