Le leurre

Par Dimanche 13 juillet 2014 Permalink 11

Depuis des siècles le commerce mondial est une réalité perceptible qui bouleverse,  transforme, modèle la vie quotidienne de chacun d’entre nous. Aucun pays n’ a eu de développement à l’abri des influences intellectuelles des autres. Malgré une histoire édifiante, la mondialisation actuelle nous est vendue spécieusement comme un phénomène complètement moderne aux dimensions si impressionnantes qu’une remise en cause catégorique du monde perçu devient inévitable puisque nécessaire.

Les mœurs depuis toujours hétérogènes à travers la planète se trouvent contraintes de se plier à une volonté extraterritoriale dictée par des considérations tendant à la suprématie d’une élite cherchant pour plus de facilité à uniformiser les modes de vie et de pensée pour mieux dominer.

Le libre échange, modèle naturel entre nation bien que la plupart du temps sclérosé par le protectionnisme,  devient un leurre utile pour permettre de s’accrocher aux théories libérales du XIXe et XXe siècles proposées comme béquilles rassurantes mais en réalité dénuées de pertinence pour l’élaboration d’un monde entièrement repensé.

La production, par chaque région du globe, de biens et services fabriqués de façon cloisonnée, étanche, rationalisée, afin d’être échangée ou vendue à ceux qui ne les produisent pas car concernés par la réalisation d’autres produits, cette production, donc, est une visée idéale partagée par les décideurs économiques; les guildes du moyen-âge sont remises au goût du jour à l’échelle planétaire!

Ce partage des tâches  nécessite l’hypertrophie de multinationales dont les étapes actuelles de fusions-acquisitions sont les prémices obligés (elles indiquent aussi à court terme un retournement possible du cycle boursier haussier dû jusque là à la politique, accommodante comme on dit, de la Federal Reserve). Loin d’être soumises au risque devenu insupportable d’élections au  caractère toujours un peu aléatoire qu’il faudrait éventuellement désavouer avec l’aide de parlements aux ordres, ces firmes asseyent leur domination idéologique par des services dont l’utilisation est rendue incontournable.

Inéluctablement le métissage des cultures, nécessaire car permettant une production de masse, devient l’alpha et l’oméga d’un gouvernement mondial. Le nivellement culturel uniformisant les populations du globe permet un comportement stéréotypé supprimant les aspérités que certains groupes sociaux tendraient à faire réapparaître. L’assimilation approximative de multiples us et coutumes aux particularismes mal digérés par l’individu, loin de l’enrichir, finit par le déstructurer en le rendant avantageusement plus influençable.

Des élites déracinées plus proches les unes des autres qu’elles ne le sont de leur concitoyen (mot qui d’ailleurs n’a pour elles aucun sens) sont la grande nouveauté de notre époque. L’argent fabrique des solidarités transfrontalières loin du patriotisme qui a provoqué les conflits du siècle dernier. Il est en train d’amener un despotisme à l’échelle mondiale qui pour le bien de quelques uns bouleverse l’humanité.