Le jade chinois

Par Dimanche 5 avril 2015 Permalink 9

Si les chinois utilisent le jade depuis l’époque néolithique, les deux variétés qui le composent, le néphrite et la jadéite n’ont été différenciées qu’au milieu du XIXe siècle par un chimiste français. Toutefois la jadéite est un matériau qui n’apparaît pour la composition des objets d’art qu’au XVIIe siècle avec la facilitation des échanges avec la Birmanie. (Fin de la dynastie chinoise Ming et ouverture sur le monde avec les Qing d’origine Mandchoue)

Connue sous le nom de yu, cette pierre dure est appréciée par toutes les cultures du pays. Confucius associe le jade à des vertus primordiales, comme la bienveillance, la fidélité, la sincérité. Il fut d’abord réservé à l’empereur.Il est un porte-bonheur pour celui qui le détient, Il est recherché pour ses vertus médicinales voire magique telle l’invisibilité pour voler jusqu’au royaume des immortels! Bref, il est paré de toutes les vertus par la civilisation chinoise…

Le jade a d’abord été utilisé pour la réalisation de pendentifs funéraires pour protéger le défunt, d’objets rituels, d’insignes du pouvoir destinés à l’aristocratie. Leur technique de fabrication est souvent d’une perfection incomparable et leur couleur varie du jade blanc au jade vert foncé, dit jade « piyu » en passant par le jade céladon correspondant à diverses subtilités de vert. Le travail du sculpteur consiste à utiliser les veines de la pierre pour subtilement jouer avec les couleurs à l’aide d’un tour actionné avec une pédale, de sable et d’eau. La forme et les décors dénotent une grande imagination de la part de l’artiste-artisan.

Le marché de l’art français déborde de jade chinois et les prix commencent à quelques centaines d’euros à peine. mais les enchères à six chiffres ne sont pas rares pour autant en ce domaine. Un bouddha en néphrite céladon (17,5 cm) en avril 2013 chez Tajan obtenait 144 302 €. Une coupe en jade blanc en mai 2014 faisait à Drouot chez Brissonneau SVV 127 704 €. Ces deux objets d’art datent du XIXe siècle. Il s’est vendu en février dernier à Louviers chez Prunier SVV, un jade représentant un gardien du bouddhisme de 11 cm couleur céladon veiné de rouille, 125 000 €.

Frédéric Le Quer