Le geuro, une idée allemande alternative!

Par Lundi 11 mai 2015 Permalink 19

Le journal économique allemand Handelsblatt relance l’idée d’une monnaie parallèle pour la Grèce , le geuro. Cette proposition déjà formulée en 2012 aurait évidemment l’aval de l’Allemagne. En tout cas, si, cet après-midi, aucun accord n’est trouvé lors de l’Eurogroupe, la Grèce devra, sans aide de la zone €, rembourser 750 millions au FMI demain.

Et d’accord, il n’y en aura point. Au mieux, une déclaration optimiste est envisagée! « Trouvez-vous de l’argent! » Dit la BCE en défiant le gouvernement grec. « L’accord à trouver est politique et pas technique. » Répond Tsypras. En fait chacun pense que le cap de demain va être passé mais qu’en juin les caisses seront cette fois complètement vides. Alors le lobbying germanique bat son plein et les journaux économiques sont réquisitionnés

L’idée est bien sur de payer les pensions et les salaires des fonctionnaires avec une monnaie dévaluée de moitié au minimum, le geuro, mais  en ayant toujours derrière la BCE, et relancer les exportations avec des produits moins chers dans un cadre redevenu vertueux. Et en cas de réussite réintégrer un jour la Grèce dans la zone €.

Le projet est risqué à plus d’un titre. D’abord, personne ne sait bien si il stabiliserait les banques grecs. Ensuite, le pays peut purement et simplement sombrer avec une monnaie ne valant plus rien. Mais peut-être pire pour les caciques de la zone €, l’expérience peut réussir et remettre ainsi en cause le statut soi-disant inaliénable de la monnaie unique dans tous les pays du sud. Les autres dirigeants  sont vent debout contre cette idée car leur intérêt suprême est que la zone € reste telle qu’elle est..

Avec cette histoire de Geuro, chacun peut voir que l’Allemagne reste à la recherche d’une zone € à géométrie variable. Ses positions concernant la dette sont intransigeantes, mais cette solution prend en compte le fait que la monnaie grecque n’est, de toute façon, pas adaptée aux besoins du pays. En revanche, le positionnement de la France, l’Italie, l’Espagne révèle la crispation du personnel politique effrayé par la possibilité d’un contre exemple à ce qu’il impose qui remettrait en cause tout leur engagement politique et soulignerait leurs multiples erreurs.

Frédéric Le Quer