Le front républicain

Par Mardi 22 septembre 2015 Permalink 40

Le front républicain est la solution trouvée par le Parti Socialiste pour continuer à faire illusion après les élections régionales.  Ses éléphanteaux appellent Les Républicains à faire à tout prix barrage au Front National et donc à un regroupement contre lui au second tour.

Mais ils ne le hurlent pas. Alors ils prennent des airs de vierges effarouchées ou de Tartufe et tentent de noyer le poisson avec des idées loufoques du style d’organiser un référendum sur l’union de la gauche. Dans union de la gauche, il y a le PS et qui d’autres? Le poids des écologistes, EELV, est une invention de Martine Aubry. Le Parti Anticapitaliste est un groupuscule. Il reste alors le Front de Gauche dont l’ombre comme dirait Léonard de Vinci est la manifestation de la forme. L’ombre du Parti Communiste n’a sans doute jamais été si petite et Pierre Laurent a le charisme d’un fruit de mer. Il reste l’ombre de Mélenchon qui dans un bon jour peut atteindre une dizaine de pour-cents d’électeurs, à condition de garder sa ligne et de combattre vigoureusement la sociale démocratie. Cette ligne n’est plus, depuis longtemps, soluble dans le PS.

Alors après trois années de hollandisme, le PS se rabat principalement sur le front républicain qui est une espèce d’union avec Les Républicains. Idéologiquement ça se défend. Europe, monnaie unique, immigration, bref pour tout ce qui concerne la souveraineté de la France, ils sont d’accord pour dire que moins les français n’auront le droit de disposer d’eux-mêmes, mieux ce sera. Mais la ficelle est un peu grosse pour le moment. Il semble inscrit dans l’histoire qu’ils finiront par fusionner et que le clivage, du moins faut-il l’espérer pour la démocratie, sera un jour entre souverainistes et les autres emportés dans le courant mondialiste. Mais maintenant si l’intérêt du PS est de mettre un écran de fumée sur les piteux résultats électoraux attendus, l’intérêt bien compris des LR est plutôt de mettre le maximum de visibilité sur la déroute future de ses adversaires quitte à laisser une ou deux régions au Front National.

Le PS fait la fine bouche sur les prises de position de Xavier Bertrand ou Christian Estrosi pour feindre une exigence morale dont il n’a plus les moyens. Il rappliquera à la première œillade. Le front républicain est une tactique politique de pieds nickelés. Mais en faisant monter la sauce médiatiquement comme le parti sait très bien faire, Les Républicains risquent de s’y fourvoyer et ça ne grandira pas la classe politique dans son ensemble.

Frédéric Le Quer