Le Front National ou la respiration démocratique

Par Lundi 7 décembre 2015 Permalink 9

Plus de six millions d’électeurs ont voté hier pour un candidat du Front National. Presque autant que pour la présidentielle alors que 30% de plus de français avaient voté à l’époque. La victoire du parti de Marine Le Pen est importante. Sa stratégie de dédiabolisation a marché.

En coupant les ponts avec son père, elle a amené à elle tous ces français qui n’avaient rien à voir avec l’extrême droite maurrassienne ou celle de l’Algérie française, ceux pour qui l’antisémitisme n’est pas une question, ceux qui ne voient pas de complot ni sur le sujet des camps de la mort, ni sur celui des twin towers. Ceux qui votent pour le rassemblement bleu marine sont les français ancrés dans le temps présent aux prises avec la dureté de la vie engendrée par une situation sociétale amenant de plus en plus d’insécurité et un contexte économique tendant à un glissement des classes sociales vers un appauvrissement inéluctable.

L’exécutif, par incompréhension du peuple français, par intérêt personnel, par sadisme, accroché au pouvoir comme une moule à son rocher, n’a en réalité jamais dévié de sa politique tendant à mettre en concurrence ses citoyens avec le reste du monde. Il a perdu l’idée même de la notion d’état qui n’a de sens que dans la mise en exergue de la protection des français. Ce fut le cas de Nicolas Sarkozy malgré ce qu’il avait laissé entrevoir. C’est à une échelle encore plus grande celui de François Hollande et son équipe qui ont perdu tout lien avec le peuple. Depuis trois semaines, ces gens se déplacent tous les jours à travers le monde  en donnant l’impression d’être reçu par pitié sans jamais rien obtenir de concret, se font photographier dans des restaurants trois étoiles réjouis donc méprisants le désespoir de leur pays, multiplient des cérémonies hypocrites puisque sans lendemain concernant les victimes des attentats. Ils continuent d’ignorer le malheur pendant qu’ils profitent. Les scandales financiers multiples, les centaines de morts et de blessés, les millions de chômeurs, rien, rien n’a de prise sur eux tant qu’ils peuvent se servir d’institutions rédigées pour des grands hommes et non des aigrefins sans foi ni loi.

Les magouilles électorales en cours d’ici le deuxième tour des élections régionales affaiblissent encore la république. Si la démocratie n’est pas capable d’entériner le profond malaise de la société en actant son besoin catégorique de changement, la guerre civile s’en chargera. Les français ont plus d’une fois démontré leur capacité de se lever et d’écraser leurs dirigeants indignes. Que l’Elysée et Matignon se méfient!

Frédéric Le Quer